Non déclaré, Ahmed, 22 ans, meurt sur un toit amianté : six mois de prison pour son employeur

- 10h00 - France - Ecrit par : Nadia El A.

Ahmed, Marocain de 22 ans employé sans être déclaré, est mort après une chute de plus de cinq mètres sur un chantier du Tarn. L’artisan qui l’avait fait travailler sur une toiture amiantée a été condamné à six mois d’emprisonnement.

Le drame s’est produit à Técou, près d’Albi. Un micro-entrepreneur de Lagrave avait décroché un contrat de 12 000 euros pour refaire la toiture d’un corps de ferme endommagée par la grêle. Dès le deuxième jour du chantier, Ahmed est passé à travers une plaque avant de chuter de plus de cinq mètres. Il n’a pas survécu.

Le jeune Marocain se trouvait en situation irrégulière et travaillait sans être déclaré. Un autre homme présent sur le chantier l’était également, rapporte La Dépêche.

Devant le tribunal correctionnel d’Albi, l’artisan a expliqué ne pas connaître Ahmed avant le début des travaux. Le jeune homme lui aurait été présenté par l’autre travailleur. Il avait néanmoins accepté de le faire travailler après avoir appris qu’il savait conduire le chariot élévateur utilisé sur le chantier.

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Le prévenu a assuré qu’Ahmed n’était pas censé monter sur le toit. Le jour de l’accident, le Marocain travaillait pourtant en hauteur pendant que l’artisan était parti acheter du matériel.

Il décide de retirer lui-même les plaques amiantées

L’amiante se trouvait au cœur du dossier. L’artisan avait initialement sollicité une entreprise spécialisée et fait accepter au propriétaire un devis de plus de 3 000 euros pour le désamiantage du bâtiment.

Estimant que l’intervention tardait, il avait finalement décidé de retirer lui-même les plaques amiantées avec les deux travailleurs non déclarés. Ahmed effectuait précisément cette opération lorsqu’il a traversé l’une d’elles et fait la chute qui lui a coûté la vie.

Le micro-entrepreneur était poursuivi pour travail dissimulé, exposition à l’amiante, non-respect des règles de sécurité ainsi que pour homicide involontaire par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence dans le cadre du travail.

« Je sais que j’ai mal agi, qu’un homme est mort par ma faute. Ça me poursuivra toute ma vie », a-t-il déclaré devant les juges.

Le parquet avait requis six mois d’emprisonnement, l’indemnisation de la famille d’Ahmed et une interdiction d’exercer pendant cinq ans. Cette dernière demande n’a pas été suivie par le tribunal.

L’artisan a finalement été condamné à six mois d’emprisonnement. La décision rapportée ne précise pas les modalités d’exécution de cette peine. Il pourra continuer son activité professionnelle, mais devra verser au total 55 200 euros aux membres de la famille du jeune Marocain.