La 5G marocaine ralentit déjà : -38 % en six mois
La 5G marocaine avait démarré à près de 267 Mb/s. Six mois plus tard, les mesures tournent autour de 160 à 165 Mb/s. Une baisse d’environ 38 %, la plus forte observée en Afrique du Nord.
Quelques mois après le lancement en fanfare de la 5G au Maroc, les premières séries de mesures permettent de comparer les performances du réseau à ses débuts avec celles relevées une fois le nombre d’utilisateurs en hausse.
Les données Speedtest analysées par Ookla sont parlantes. Le jour du lancement, le débit médian en téléchargement atteignait 261,7 Mb/s, contre 44,4 Mb/s sur la 4G avant l’arrivée de la nouvelle technologie. Durant le premier mois, la médiane 5G est montée à 266,94 Mb/s.
Elle est ensuite tombée à 185,93 Mb/s au troisième mois, avant d’évoluer autour de 160 à 165 Mb/s durant les mois suivants. L’écart avec le premier mois atteint ainsi environ 38 %, selon les données publiées par Ookla.
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Parmi les quatre marchés nord-africains étudiés, le Maroc enregistre la baisse la plus forte. En Algérie, le recul est d’environ 16 %. La Tunisie et l’Égypte connaissent également une baisse, mais moins marquée.
Ces chiffres ne signifient pas qu’un même utilisateur passé de 267 à 160 Mb/s a forcément perdu 40 % de débit. Ookla mesure les performances réellement constatées lors des tests effectués par les utilisateurs. À mesure que la couverture s’étend à de nouvelles villes et que davantage de clients se connectent à la 5G, la population mesurée change elle aussi.
La 5G marocaine s’appuie encore sur le cœur 4G
La montée en charge reste toutefois un enjeu technique. Le Maroc a lancé une 5G dite NSA, pour « non standalone ». Les antennes utilisent la technologie 5G, mais une partie du fonctionnement du réseau continue de s’appuyer sur le cœur de réseau 4G.
Avec l’augmentation du trafic, cette architecture peut exercer davantage de pression sur les infrastructures existantes. Karim Yaici, analyste chez Ookla, observe qu’au Maroc, en Tunisie et en Égypte, le débit médian combiné des utilisateurs 4G et 5G est même passé sous son niveau d’avant le lancement de la 5G après six mois.
Le phénomène intervient alors que l’adoption a été rapide. Deux mois après le lancement, le Maroc comptait déjà environ 2,63 millions d’utilisateurs actifs de la 5G. Les opérateurs doivent en parallèle poursuivre leurs investissements pour atteindre les objectifs de couverture 5G fixés au Maroc, avec 45 % de la population visée d’ici fin 2026.
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Pour l’utilisateur, 160 Mb/s restent largement suffisants pour regarder une vidéo en 4K, effectuer un appel vidéo, jouer en ligne dans de bonnes conditions ou télécharger rapidement des fichiers. Le sujet n’est donc pas celui d’une 5G devenue lente, mais de sa capacité à conserver ses performances à mesure que le trafic augmente.
Les écarts entre opérateurs restent par ailleurs importants. Dans son rapport d’avril 2026, Opensignal mesurait un débit 5G moyen de 280,2 Mb/s chez Maroc Telecom, contre 198,5 Mb/s chez inwi et 136,6 Mb/s chez Orange. Orange affichait en revanche la meilleure disponibilité 5G, tandis qu’inwi arrivait en tête pour l’expérience vidéo.
La 5G marocaine reste donc rapide, mais son lancement très performant ne garantit pas que ces niveaux se maintiendront mécaniquement. Après la course à la couverture, le prochain défi pour Maroc Telecom, Orange et inwi sera de conserver suffisamment de capacité lorsque plusieurs millions de clients utiliseront quotidiennement le réseau.