Elle est accusée d’avoir voulu écraser un chauffeur Uber parce qu’il était marocain
Une Belge de 47 ans est poursuivie pour avoir tenté d’écraser un chauffeur Uber. Le parquet retient une circonstance aggravante raciste : après les faits, elle aurait expliqué sa colère par le fait que le conducteur était marocain. Elle nie toute intention de le blesser.
Les faits se sont produits le 25 mai à Aartselaar, près d’Anvers. Le chauffeur Uber était venu chercher une cliente lorsqu’une autre femme, J.D., aurait tenté de l’empêcher de monter dans son véhicule. Le conducteur est alors sorti pour essayer de calmer la situation.
La femme aurait ensuite pris sa propre voiture et tenté à plusieurs reprises de lui foncer dessus, selon le récit du chauffeur rapporté par Het Nieuwsblad. L’homme affirme avoir été effectivement touché et avoir montré aux policiers une vidéo de la voiture arrivant dans sa direction. Il a été déclaré incapable de travailler pendant trois jours.
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J.D. aurait ensuite quitté les lieux à grande vitesse. La police l’a retrouvée peu après en état d’ébriété chez elle. Elle a expliqué que la passagère était une amie avec laquelle elle venait de se disputer et qu’elle ne voulait pas la voir partir avec l’Uber.
Mais c’est une autre déclaration attribuée à la prévenue qui place la question du racisme au centre du procès : elle aurait dit aux policiers qu’elle était en colère parce que le chauffeur était marocain. La Belgique a déjà connu plusieurs affaires dans lesquelles l’origine marocaine de victimes ou de personnalités a été directement visée.
Trois ans de prison requis
Le parquet poursuit la quadragénaire pour tentative d’homicide avec un mobile raciste comme circonstance aggravante. Elle compte par ailleurs neuf condamnations devant le tribunal de police, principalement pour conduite sous influence. Selon le ministère public, elle souffre d’un problème d’addiction.
Trois ans de prison avec sursis probatoire ont été requis, avec notamment l’obligation de prendre en charge son problème d’alcool.
La défense demande l’acquittement et livre une version très différente. Selon l’avocat, J.D. avait placé sa voiture derrière l’Uber pour empêcher son amie de partir. Une fois celle-ci descendue, elle aurait simplement voulu déplacer son véhicule et serait passée très près du chauffeur, provoquant sa chute. Elle n’aurait jamais eu l’intention de le blesser, et encore moins de le tuer.
Son avocat conteste également le mobile raciste. Il affirme que sa cliente n’a jamais déclaré avoir été en colère parce que le conducteur était marocain et estime que ses propos ont été mal compris par la police. À Anvers, des accusations de propos visant directement les origines marocaines ont déjà donné lieu à d’autres polémiques.
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Le tribunal devra donc trancher à la fois sur l’intention de tuer et sur le caractère raciste retenu par l’accusation. Le jugement sera rendu le 27 août.