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Adil Ba Moussa, le ’Tyson’ des Canaries

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8 octobre 2005 - 18h13 - Sport

Aux îles Canaries, il est plus qu’une vedette, et ce, depuis qu’il a glané le titre de champion de l’archipel en 2004. Pourtant, cet immigré marocain est arrivé incognito. Son instinct l’a conduit là-bas, après une escale éphémère en France et à Madrid où il n’a pas pu exhiber son talent pour diverses raisons. Ce pur-sang est resté dans l’anonymat total dans notre pays en dépit des titres de champion dans différentes disciplines (Full Contact, Light Contact, Savate).

Adil est un épris de sport.
Un hobby familial, puisque son père était sportif tout comme son oncle qui était champion national de boxe. Quant il était encore enfant, il se faufilait pour assister aux séances d’entraînement dans les salles des arts martiaux. Il regagnait après la plage de Salé, face aux Oudaïas, pour répéter les gestes qu’il a mémorisés. Il était son self initiateur. Il n’avait pas les moyens pour s’inscrire dans un club. Son maigre revenu de soudeur servait à alimenter la trésorerie d’un ménage dans le besoin. Son temps était plein car en plus du boulot, il allait à l’école et faisait du sport en solitaire. Finalement, il parvint à s’inscrire dans le club du quartier. Un tournant dans sa vie. Il n’avait pas de discipline préférée. Il aimait le sport avec un “ S ”. C’est dire qu’il aime exploser cette force interne qui l’agite en permanence. Il pratiqua d’abord le Taekwondo et obtint vite la ceinture bleue. Il regagna le Club Central de Salé, mieux organisé où il pouvait avoir l’opportunité de se mettre sous les projecteurs. Il obtint la ceinture noire en 1995, à l’âge de 17 ans. Mais il ne parviendra jamais à remporter le titre national. Il se reconvertit alors au Full Contact au Club Oscar. Adil retrouve de nouvelles sensations. Il se rendit compte que c’était le sport qui lui convenait le plus car il fait travailler les pieds et les poings. En s’imposant plus vite que prévu, il est sélectionné au sein du team régional. Le collectif obtint le 3e rang au championnat du Maroc. Adil, lui, a été déclaré vice champion national. Cherchant constamment à progresser, il rejoignit le FUS de Rabat, très connu dans le domaine. Il y brilla de mille feux en remportant les titres de Full, Light, Semi et Savate. Un tout-terrain qui n’avait plus rien à prouver. En 2001, il tenta une nouvelle expérience dans la boxe. Seulement, sa situation sociale perturbait sa progression. Dans l’espoir d’obtenir un job, il s’affilia aux FAR. Son projet n’a pas abouti et il retourne au bercail, au FUS. Il demeura dans l’ombre, sans perspectives. Il pensait à l’exode, au risque de renforcer les rangs de nombreux autres champions tombés dans l’oubli. “ Je me suis rendu compte qu’être champion du Maroc ne signifie rien. Pire encore, votre club vous demande sans scrupule de payer votre cotisation mensuelle ”. De jour en jour, Adil s’empressait de regagner d’autres cieux où on respecte les champions. “ Il vaut mieux, sinon on risque de tomber dans la délinquance ou le trafic. Combien de fois j’ai pleuré à cause de la mésaventure de certains grands champions”.
Adil arriva à l’improviste un jour à Paris. Mais il ne retrouva pas le paradis dont il rêvait. Il plia bagages pour atterrir à Madrid. Là aussi il est déçu. Il continua sa route qui le mena à Las Palmas, aux îles Canaries. Après un court séjour, il s’engagea au club Star Gym de

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