Aéroports marocains : les MRE dans le viseur des trafiquants d’or
À l’approche des vacances d’été, les douanes renforcent leurs contrôles dans les aéroports. Face à la flambée des prix de l’or, des réseaux criminels multiplient les tentatives de contrebande de métaux précieux en ciblant notamment les Marocains résidant de l’étranger (MRE).
Pour déjouer la vigilance des agents frontaliers, les trafiquants ont revu leurs stratégies opérationnelles. Selon Hespress, ces groupes organisés utilisent désormais des les MRE comme « mules ». Ces passagers, bien souvent des femmes, dissimulent la marchandise sur des vols en provenance d’Europe ou de pays du Moyen-Orient comme l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis et la Turquie. Leur but consiste à utiliser les terminaux de Casablanca ou Marrakech comme points d’entrée discrets, voire comme de simples zones de transit vers la Mauritanie.
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La législation actuelle accorde une certaine flexibilité aux voyageuses, qui bénéficient d’une franchise douanière pour leurs parures personnelles usagées. Elles peuvent transporter jusqu’à 500 grammes de bijoux sans déclaration préalable, à condition que ce volume reste cohérent avec leur statut social. Les contrebandiers exploitent sciemment cette tolérance réglementaire et programment leurs opérations lors des pics d’affluence du week-end pour se fondre dans la masse et échapper aux fouilles.
Une fois introduit frauduleusement sur le territoire national, ce butin alimente massivement les circuits commerciaux illicites. Cet or de contrebande, majoritairement composé de pièces de 22 et 24 carats, est écoulé à des tarifs inférieurs à ceux pratiqués sur le marché légal. La marchandise atterrit dans des échoppes de grands quartiers marchands, particulièrement à Casablanca, où elle est rapidement fondue puis transformée au sein d’ateliers pourtant officiellement enregistrés.
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Face à cette filière souterraine grandissante, l’administration prépare une vaste contre-offensive ciblant directement les revendeurs locaux. Dans les semaines à venir, des inspections viseront les bijoutiers, qui seront sommés de présenter la totalité de leurs factures et registres d’import-export. Les inspecteurs chercheront à débusquer la moindre anomalie commerciale, de la détention d’or illégal à sa transformation en lingots, en passant par l’usage frauduleux de poinçons douaniers falsifiés.