Affichage publicitaire : Des façades louées à 1 million de DH par an

- 22h52 - Maroc - Ecrit par : L.A

Vous les avez certainement remarquées dans les plus grandes artères des grandes villes du Maroc. Que ce soit à Casablanca, Rabat, Tanger, Marrakech ou Agadir, des affiches géantes couvrent des façades entières d’immeubles donnant sur les plus grandes avenues. Ces énormes bâches, visibles de très loin, se monnaient de plus en plus cher et sont destinées à une communication de prestige qui tourne autour de la marque et non d’un seul produit.

C’est à cet usage que les professionnels de la communication les destinent. « C’est un moyen de communication qui coûte excessivement cher. C’est pour cette raison qu’il est généralement utilisé pour de la communication institutionnelle », explique Mohamed Boutaleb, general manager de First Class Event (FCE), agence conseil en communication basée à Casablanca. Ces propos sont corroborés par Guy Dimov, DG d’une agence de communication à Rabat, qui fait l’essentiel de son chiffre d’affaires dans l’institutionnel. A ce titre, il a eu recours à des grandes affiches murales dans de nombreuses villes du Royaume, notamment Meknès, Fès et dans les provinces du Sud pour un grand établissement public. « C’est un excellent moyen pour véhiculer l’image de marque d’une institution donnée, surtout si elle est publique », explique-t-il.

Pour Adil Serkouh, ce type d’affichage est, dans certains cas, destiné à de la communication pour des produits de luxe. Ce professionnel de la communication a même flairé le bon filon et a vite fait de constituer une structure entièrement dédiée à l’affichage mural, dénommée Thematik Communication, dont le siège est à Casablanca. « Nous ne sommes pas une agence de communication qui fait de la conception de messages publicité. Nous disposons d’un parc de façades d’immeubles que nous louons aux propriétaires et que nous mettons à la disposition d’éventuels annonceurs après les avoir équipées », précise Adil Serkouh.

Zerktouni, Anfa, Abdelmoumen, Al Massira, les artères les plus chères de Casablanca

L’intérêt de cette activité est tel qu’ils sont de plus en plus nombreux à s’y spécialiser. Younès Lahlou a également décidé de se lancer dans cette aventure en créant son agence Y2L Com. Lancée il y a un peu plus d’une année, cette structure spécialisée dans l’affichage sur site privé compte déjà un parc d’une quinzaine de façades murales exploitées, dont huit se trouvent à Casablanca. « Les contrats de location sont en général négociés et signés avec les syndics de copropriété des immeubles concernés. Pour la quasi-totalité des façades que nous gérons, nous avons eu affaire à des personnes physiques et non à des sociétés de gestion de copropriété », souligne ce spécialiste de l’affichage. Ces contrats sont généralement de longue durée (trois à cinq années) et les loyers sont versés annuellement aux syndics. Cependant, les copropriétaires ne bénéficient pas directement des recettes. En effet, la loi 18-00 qui régit la copropriété au Maroc et qui est entrée en vigueur en 2002 interdit de redistribuer l’argent collecté aux habitants et propriétaires de l’immeuble concerné. L’argent est donc consacré aux charges liées à l’entretien des parties communes, et de l’immeuble en général.

En moyenne, ces façades rapportent aux syndics entre 100 000 DH à 250 000 DH. Mais des sites exceptionnels peuvent rapporter beaucoup plus. C’est le cas par exemple de la façade de l’hôtel Barcelo donnant sur le boulevard d’Anfa, à Casablanca, qui est louée par l’hôtel à 1 MDH. Et ce n’est pas tout. Une autre façade, située à l’intersection des boulevards Zerktouni et Al Massira Al Khadra bat également des records. Elle est proposée à la location pour 2,5 MDH. Un montant qui est jugé trop élevé par les annonceurs qui, malgré l’emplacement exceptionnel de la façade, ne se bousculent pas pour y placer leurs affiches. D’autres façades sur le boulevard Abdelmoumen ou sur le rond-point Espace Porte d’Anfa sont louées entre 600 000 et 900 000 DH.

A Casa, les taxes communales sont passées de 30 000 DH à 145 000 DH pour 100 m2

La fiscalité locale rend la facture plus lourde. En effet, ces affiches sont soumises à des taxes communales, à la charge de l’agence locataire, qui diffèrent d’une ville à l’autre. A partir du 1er janvier 2006, cette fiscalité locale a connu un grand changement. Des hausses allant jusqu’à 500% ont été appliquées pour des villes comme Casablanca. Le nouveau barème pour cette ville est donc de 100 000 DH annuellement pour une façade de moins de 50 m2. Chaque m2 supplémentaire est taxé à 900 DH par an. La taxe sur une façade de 100 m2 par exemple est actuellement de 145 000 DH par an alors qu’elle ne dépassait pas les
30 000 DH avant cette réforme.

Pour autant, le commerce reste juteux et les marges plus que confortables. Exemple : une agence de la place vend à une marque automobile une façade en plein cœur de Casablanca à 500 000 DH par an pour un coût de revient de 175 000 DH seulement.

Malgré la flambée des prix des murs et ceux de l’affiche elle-même, les annonceurs sont toujours aussi nombreux à recourir à ce support de communication qui gagne de plus en plus de villes. Certaines d’entre elles qui, jusque-là, refusaient d’ouvrir les façades de leurs immeubles à la publicité, ont changé d’avis. C’est le cas de Rabat par exemple. D’autres villes encore récalcitrantes lui emboîteront certainement le pas, El Jadida et Marrakech notamment.

Fadoua Ghannam

  • 750 MDH par an dépensés en affichage mobile

    Se donner de la visibilité sur la scène économique fait partie des préoccupations de toute entreprise soucieuse de doper ses ventes. Parmi les supports de communication de plus en plus utilisés, l'affichage fait figure de privilégié. En effet, selon les chiffres officiels du Groupement des annonceurs du Maroc (GAM), l'affichage représentait, en 2006, 24% des budgets de communication des annonceurs, soit 750 MDH contre 626 millions en 2005, soit une évolution de 20%.

  • Le Maroc domine le marché de la communication publicitaire au Maghreb

    Le Maroc domine le marché de la communication publicitaire au Maghreb et est le pays qui s'octroie le plus la préférence des annonceurs, souligne le mensuel du Monde arabe et de la Francophonie "Arabies" dans sa dernière livraison.

  • Transport : Skynet Worldwide Express entre dans la course

    Le nouvel arrivé sur le marché du transport express marocain aiguise ses couteaux. La filiale du géant mondial Skynet Worldwide Express (SWE) est sa première antenne en Afrique du Nord. C'est l'attrait du marché et sa position géopolitique qui ont encouragé cet investissement.

  • Levi's s'installe au Maroc

    Le réseau des franchises au Maroc vient d'être renforcé par l'installation du célèbre fabricant de jeans, Levi Strauss & Co. C'est la société marocaine Bogart S.A qui va en assurer l'exploitation. Les deux entreprises n'en sont pas à leur première collaboration. Bogart S.A a en effet à son actif plus de 20 ans d'expérience avec Levi's. C'est son fournisseur de longue date.

  • 30 millions d'agents immobiliers au Maroc ?

    Avec une moyenne de 250 000 transactions par an réalisées sur les dix dernières années, le Maroc connaît un boom immobilier incontestable. Dans la foulée, différents métiers du bâtiment et de la promotion immobilière en ont profité. Les agents immobiliers ont également surfé sur la vague. Pourtant, ce métier reste aujourd'hui opaque, peu structuré et dispose de peu d'indicateurs chiffrés, voire pas du tout. Aucune indication sur le nombre d'agents immobiliers au Maroc, aucun cadre juridique ni de tutelle ministérielle. Bref, un corps de métier qui échappe à tout contrôle.

  • Le Maroc va tripler la capacité d'accueil des aéroports d'ici 2010

    La capacité d'accueil des aéroports marocains triplera fin 2010 pour atteindre 30 millions de passagers par an, dont les deux tiers à Casablanca et Marrakech, a annoncé le directeur général de l'Office National des Aéroports.

  • La hausse des prix de l'immobilier se poursuit

    Ceux qui spéculaient sur une baisse ou du moins sur une stagnation des prix de l'immobilier en seront pour leurs frais. Les terrains, appartements, maisons traditionnelles ou villas coûtent de plus en plus cher. Si la saison estivale est caractéristique d'une hausse des prix de l'immobilier résidentiel, touristique et des terrains nus, notamment en raison de la rentrée au pays des Marocains résidents à l'étranger, la tendance était d'habitude à une stagnation de l'offre et donc à une baisse des prix de l'immobilier après le départ de ces derniers.

  • Les salles de sport, un véritable phénomène au Maroc

    Partout dans les grandes villes du Maroc, on trouve des salles de sport ; que ce soit dans les banlieues populaires ou dans les quartiers huppés, ces structures sont devenues au fil du temps un véritable phénomène.

  • Al Omrane veut construire 17.300 villas économiques d'ici 2009

    Pour les professionnels comme pour le ministère de l'habitat, de l'urbanisme et du développement territorial, le concept de villa économique a un bel avenir devant lui. « C'est un produit qui a connu un grand succès ». Les propos sont de Abdelmalek Latifi, directeur de la promotion immobilière au ministère de l'habitat et de l'urbanisme. C'est pour cette raison que le groupe public Al Omrane a décidé de lancer la construction de 17.315 villas (dont une bonne partie dans les régions de Marrakech et Agadir) sur les deux années à venir, contre 9000 pour la première tranche du programme lancé en décembre 2005.

  • Où est passé le père Noël "marocain" ?

    La curiosité est passée inaperçue, mais les « pères Noël » ont quasiment disparu des lieux publics à Casablanca. C'est une première dans la métropole dont les grandes artères étaient animées par ce personnage.