L’Algérie accuse le Maroc de polluer un barrage : 400 entreprises dans le viseur
L’Algérie met en cause des centaines d’entreprises de la région d’Oujda dans la pollution du barrage de Hammam Boughrara. Lors d’un colloque à Tlemcen, des chiffres spectaculaires ont été avancés. Des chercheurs apportent des mesures plus précises et corrigent une confusion géographique.
Quatre cents unités industrielles marocaines et des polluants atteignant 400 fois les normes : ces accusations ont été présentées lundi 26 octobre lors d’un colloque sur les eaux transfrontalières à Tlemcen. Le quotidien El Khabar les attribue à un film projeté devant les participants.
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Le reportage situe la pollution sur la Moulouya. Or le barrage algérien de Hammam Boughrara reçoit notamment les eaux de l’oued Mouilah, qui traverse la région d’Oujda avant de rejoindre le bassin de la Tafna. La Moulouya, elle, se jette dans la Méditerranée au Maroc.
Dans une enquête publiée le même jour par CapDZ, l’hydrologue Lotfi Benadda évoque plus de 400 établissements près de la frontière : agroalimentaire, matériaux, métallurgie ou chimie. Ce décompte recense des activités présentes, sans identifier autant de rejets industriels responsables de la pollution.
Des mesures précises, plusieurs sources de pollution
Benadda cite des niveaux de demande biochimique en oxygène approchant 900 mg par litre, contre des références de 15 à 30 mg. Cet indicateur mesure la charge organique de l’eau. Le chiffre de 400 fois évoqué au colloque reste sans indication des substances mesurées et des seuils utilisés.
Le directeur du barrage, Sofiane Naït Amar, signale aussi des eaux usées et des effluents industriels provenant de la région d’Oujda. L’ouvrage affiche, selon lui, un remplissage de 30 %, soit 49 millions de mètres cubes.
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Une étude universitaire de 2025 documente une dégradation liée aux rejets humains, aux pratiques agricoles et aux variations saisonnières. L’ancien responsable du barrage Mohamed Zitouni rappelle aussi des pollutions urbaines et industrielles historiques autour de Maghnia, côté algérien.
Le colloque de Tlemcen se poursuit jusqu’au 29 octobre. Les chercheurs appellent à multiplier les prélèvements et à identifier les sources actuelles de contamination, en amont comme en aval de la frontière.