Bases US Rota et Morón : l’ombre du Maroc plane sur l’Espagne

- 12h00 - Espagne - Ecrit par : Said A.

Alors que Donald Trump menace de revoir la présence militaire américaine en Europe, les bases espagnoles de Rota et Morón reviennent au centre du débat. Un ancien responsable du Pentagone écarte l’idée d’un remplacement simple par le Maroc.

Les tensions entre Washington et Madrid redonnent une importance particulière aux bases de Rota et de Morón. Ces deux installations, situées dans le sud de l’Espagne, restent des points d’appui majeurs pour les États-Unis en Méditerranée, en Afrique du Nord et dans l’Atlantique.

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Le débat a été relancé par les critiques de Donald Trump contre l’Espagne et sa contribution à l’OTAN. Mais pour Jim Townsend, ancien sous-secrétaire adjoint américain à la Défense chargé de l’Europe et de l’Alliance atlantique, fermer ces bases ne répondrait pas à une logique militaire.

Dans un entretien à El Debate, l’ancien haut responsable du Pentagone estime que Rota et Morón sont « irremplaçables ». Une fermeture serait, selon lui, une décision politique, et même une décision « désastreuse ».

Le Maroc évoqué comme alternative]

Rota joue un rôle central dans le dispositif antimissile de l’OTAN. La base accueille des destroyers américains équipés du système Aegis, capables d’intervenir face à des menaces aériennes, des missiles balistiques ou des drones en Méditerranée.

Morón répond à un autre besoin : la projection rapide vers l’Afrique et le Moyen-Orient. Cette base aérienne permet aux États-Unis de déployer rapidement des forces en cas de crise, notamment pour protéger des intérêts américains ou intervenir face à une situation d’instabilité.

Dans ce contexte, la question d’un transfert vers un autre pays, comme le Maroc, est posée. Jim Townsend écarte toutefois l’idée d’une alternative équivalente. Pour lui, il ne s’agit pas seulement de géographie, mais aussi de confiance, de stabilité politique, d’acceptation locale et de décennies de coopération militaire avec l’Espagne.

L’argument rassure Madrid : le Maroc ne peut pas être présenté comme un simple substitut à Rota et Morón. L’Espagne reste membre de l’OTAN, dispose d’une relation militaire ancienne avec les États-Unis et offre un cadre déjà intégré dans l’architecture de défense occidentale.

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Mais cette prudence dit aussi autre chose. Si le Maroc est cité dans le débat, c’est parce que sa position géographique, face à l’Espagne et aux portes de l’Afrique, compte de plus en plus dans les calculs stratégiques. Même écartée par un ancien responsable américain, l’option marocaine existe suffisamment pour inquiéter et pousser l’Espagne à se rassurer.