Le braqueur belgo-marocain Ibrahim Akhlal au cœur d’un imbroglio diplomatique

- 14h00 - Monde - Ecrit par : J.K

Condamné en Belgique et suspecté d’un braquage spectaculaire aux Pays-Bas, le Belgo-Marocain Ibrahim Akhlal est détenu en Guinée. Son sort cristallise un bras de fer judiciaire entre Conakry, Bruxelles et Amsterdam sur fond de demandes d’extradition non résolues.

Ibrahim Akhlal, 30 ans, traîne derrière lui une réputation de braqueur violent et d’expert en cavale. Condamné par contumace à vingt-et-un ans de prison en Belgique, il est également le principal suspect d’un vol d’or spectaculaire survenu aux Pays-Bas en mai 2021. Lors de cette opération contre l’entreprise Schöne Edelmetaal, des malfaiteurs avaient dérobé 16 millions de dollars de métaux précieux. Si une partie du butin a été récupérée, 4,7 millions de dollars en or restent introuvables.

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Le parcours d’Akhlal est marqué par des évasions répétées qui compliquent sa situation judiciaire. Après s’être enfui de la prison de Saint-Gilles à Bruxelles en 2020, il a récidivé en juin 2023 à Conakry, en Guinée. Selon l’ancien ministre belge de la Justice cité par Jeune Afrique, cette seconde fuite aurait bénéficié de la « complicité flagrante » de membres du personnel pénitentiaire local.

Sa dernière cavale a pris fin en juillet 2023 à Nouadhibou, en Mauritanie. Arrêté à proximité d’une mosquée en possession d’argent liquide et de téléphones, il a été extradé vers la Guinée où il est depuis incarcéré. Il y purgeait initialement une peine pour « faux et usage de faux » après avoir obtenu frauduleusement un passeport guinéen sous une fausse identité afin de se dissimuler.

Aujourd’hui, la situation juridique d’Ibrahim Akhlal est dans l’impasse. Bien que sa date théorique de libération ait été fixée au 3 janvier 2025 selon les documents officiels du tribunal de Kaloum, il demeure derrière les barreaux. Son avocat, Me Mory Doumbouya, dénonce une situation irrégulière : « Ibrahim Akhlal est détenu de manière illégale et arbitraire ». Les autorités guinéennes n’ont pour l’instant donné aucune suite officielle aux demandes d’extradition européennes.

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Ce silence de Conakry place la Guinée dans une position délicate vis-à-vis de ses partenaires internationaux. Sans traité d’extradition formel avec la Belgique ou les Pays-Bas, le Code pénal guinéen permet pourtant de traiter ces demandes au cas par cas. Pour Kars de Bruijne, chercheur à l’institut Clingendael, le détenu est désormais « coincé entre le marteau et l’enclume », car sa libération sans transfert vers l’Europe provoquerait une crise diplomatique majeure.