Un cabinet en Europe, un bureau au Maroc : ce qui change pour les avocats marocains
Un avocat marocain exerçant en France, en Belgique, aux Pays-Bas, en Espagne ou ailleurs à l’étranger peut désormais ouvrir un bureau au Maroc sans abandonner son activité hors du Royaume. La nouvelle loi sur la profession d’avocat autorise explicitement cette double implantation.
La mesure figure à l’article 36 de la loi 66.23 publiée au Bulletin officiel n° 7536 du 20 août 2026. Elle vise les avocats de nationalité marocaine qui exercent leur profession de manière effective et continue dans un ou plusieurs pays étrangers.
Ils peuvent ouvrir un bureau supplémentaire au Maroc selon l’une des formes d’exercice prévues par l’article 26 de la loi. Une condition importante est toutefois imposée : l’avocat doit être inscrit au tableau de l’une des instances professionnelles d’avocats au Maroc.
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La grande nouveauté se trouve dans la suite de l’article 36. L’avocat peut conserver son inscription professionnelle et continuer à exercer dans son ou ses cabinets à l’étranger. Un Marocain installé comme avocat en France peut ainsi maintenir son activité française tout en ouvrant un bureau professionnel au Maroc, dès lors qu’il remplit les conditions prévues par la loi.
Le dispositif n’est d’ailleurs pas limité à l’Europe. Le texte parle d’un exercice dans « un pays étranger ou plus », ce qui permet également à un avocat marocain établi ailleurs dans le monde d’en bénéficier.
Garder son activité à l’étranger
La nouvelle règle ne permet donc pas à n’importe quel avocat marocain vivant à l’étranger d’ouvrir automatiquement un cabinet au Royaume. Il faut déjà exercer effectivement et continuellement la profession hors du Maroc, puis obtenir l’inscription requise auprès d’un barreau marocain.
C’est cette combinaison qui change la donne : l’inscription au Maroc ne contraint pas le professionnel concerné à mettre fin à son activité étrangère. La loi reconnaît expressément la possibilité de conserver les deux implantations.
Cette dimension transfrontalière intervient alors que les règles permettant de faire exécuter au Maroc un jugement obtenu à l’étranger vont elles aussi changer à partir du 24 août. Les dossiers impliquant à la fois le Maroc et les principaux pays de résidence des Marocains à l’étranger sont ainsi concernés par plusieurs évolutions juridiques rapprochées.
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La loi 66.23 réforme beaucoup plus largement la profession d’avocat. L’encadrement des honoraires et de la relation entre l’avocat et son client faisait notamment partie des changements annoncés par le texte, avant son adoption définitive.
Pour les avocats marocains établis à l’étranger, l’article 36 apporte cependant un changement très concret : ils n’ont plus à choisir entre leur implantation professionnelle hors du Royaume et une présence au Maroc. Sous réserve de remplir les conditions prévues par la loi, les deux peuvent désormais coexister.