CAN 2025 : guerre des nerfs à Rabat entre taxis, bouchons et passagers bloqués
L’effervescence de la Coupe d’Afrique des Nations se heurte à la réalité du bitume. Malgré les dispositifs exceptionnels mis en place, les transports en commun à Rabat frôlent la paralysie. Files d’attente interminables, refus de prise en charge et embouteillages monstres : le bras de fer s’intensifie entre des chauffeurs de taxis excédés par la circulation et des usagers laissés sur le carreau.
L’image fait tache alors que le Maroc accueille le continent. Depuis le début de la compétition, les stations de grands taxis de la capitale connaissent une saturation critique. Si les autorités ont tenté d’anticiper en renforçant les lignes de bus et en sensibilisant les professionnels, le terrain raconte une autre histoire. Les chauffeurs pointent du doigt une insuffisance flagrante de bus face à la marée de supporters, aggravée par une congestion routière paralysante aux abords des stades, notamment près du complexe Moulay El Hassan. Face à ces bouchons, une pratique exaspère les citoyens : le refus de course. De nombreux taximen désertent certaines lignes habituelles, jugées trop encombrées, laissant les passagers sans solution.
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Pour le syndicat UMT, dont un représentant a été interrogé par Hespress, les chauffeurs sont les premières victimes d’une mauvaise gestion de la voirie. Le syndicaliste explique que sans voies réservées – une demande pourtant formulée avant le tournoi – les taxis sont piégés dans le trafic comme les particuliers. Le calcul est vite fait : accepter une course de 30 dirhams qui prendra une heure à cause des embouteillages devient une opération à perte, une fois déduits le carburant et la recette journalière due au propriétaire de l’agrément. Pour les professionnels, la solution passait par la création d’itinéraires exclusifs pour fluidifier les rotations, une requête restée lettre morte.
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Cet argumentaire économique ne passe pas auprès des défenseurs des consommateurs. Ali Chtour, président de l’Association marocaine de défense des droits du consommateur, dénonce un “désengagement” inacceptable. Pour lui, détenir une licence de transport public impose une obligation de service, quelles que soient les conditions de circulation. Il appelle les autorités locales à sévir pour mettre fin à ce qu’il qualifie d’anarchie, estimant que la réussite de cette fête continentale exige des sacrifices de la part de tous, loin de la seule logique de profit immédiat. Il invite même les usagers à monter dans les véhicules sans demander la destination au préalable, rappelant que le refus de vente est illégal.