Les joueurs algériens font escale… chez Royal Air Maroc
C’est une image forte, presque ironique, au cœur des tensions diplomatiques. Ce vendredi, la sélection nationale algérienne a rallié Marrakech depuis Rabat à bord d’un avion de la Royal Air Maroc (RAM). Un vol effectué par la compagnie nationale marocaine, pourtant bannie de l’espace aérien algérien par Alger depuis 2021.
La scène s’est jouée sur le tarmac de l’aéroport de Rabat-Salé. Pour se rendre à Marrakech, où se poursuivra leur aventure dans cette CAN, les Fennecs ont pris place à bord d’un appareil de la RAM. Si, selon plusieurs sources, les médias officiels algériens ont pris soin de ne pas cadrer ou de flouter le logo de la compagnie au hublot rouge, la réalité logistique est incontestable : c’est bien le pavillon marocain qui a transporté ses voisins.
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Cette situation découle du partenariat stratégique liant la RAM à la Confédération Africaine de Football (CAF), faisant de la compagnie le transporteur officiel de la compétition. Le Maroc, en assurant ce transport sans distinction, applique ce que les observateurs qualifient de « logique des grands » : une gestion professionnelle et souple, qui place l’organisation sportive au-dessus des différends politiques.
Un scénario qui se répète
Ce n’est pas la première fois que le pragmatisme marocain se heurte au dogmatisme d’Alger. L’histoire bégaye, rappelant un épisode similaire survenu en juillet 2025 lors de la CAN féminine.
À l’époque déjà, les sélections féminines de l’Algérie et du Sénégal avaient été transportées de Casablanca vers Oujda par la Royal Air Maroc. Le contexte était identique : un boycott officiel, une fermeture de l’espace aérien et une omerta médiatique en Algérie sur le lieu de la compétition. Pourtant, sur le terrain, la logistique marocaine avait assuré le transfert des délégations vers Berkane et Oujda sans encombre.
Aujourd’hui comme hier, la réalité du terrain et les engagements de la CAF imposent une parenthèse de normalité : les joueurs algériens voyagent grâce à l’expertise marocaine, loin des discours de rupture.