Maroc-Algérie : l’illusion du « Khawa Khawa » à l’épreuve de la CAN 2025
Alors que les réseaux sociaux sont inondés de vidéos prônant la fraternité entre Marocains et Algériens en marge de la CAN 2025, la réalité politique reste glaciale. Entre les restrictions de voyage imposées par Alger et les mises en garde des analystes, l’ambiance « Khawa Khawa » peine à masquer les tensions persistantes qui entourent cette compétition.
Sur TikTok, les images se veulent rassurantes : de jeunes supporters algériens, présents à Rabat et Casablanca, multiplient les témoignages louant l’hospitalité et la générosité des Marocains, qualifiant les tensions de « fitna » à combattre. Pourtant, cette fraternité numérique se heurte à une logistique compliquée, conséquence directe de la rupture diplomatique. Pour rejoindre le Royaume et soutenir leur équipe, ces mêmes supporters ont dû transiter par des pays tiers, l’espace aérien étant fermé aux vols directs vers le Maroc sur décision du président algérien. De plus, le discours médiatique officiel algérien continue d’ignorer ou de minimiser le rôle du Maroc en tant que pays organisateur, reflétant une hostilité qui ne faiblit pas.
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Pour l’analyste politique Mohamed Chqir, interrogé par Achkayen, il ne faut pas s’attendre à un dégel. Selon lui, la participation de l’Algérie à cette CAN n’atténuera pas les relations hostiles, évoquant même une « provocation » de certains membres de la délégation algérienne dans un hôtel de la capitale.
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L’expert craint au contraire une escalade, particulièrement si les Fennecs venaient à être éliminés prématurément. Le succès organisationnel du Maroc, perçu comme une démonstration de « soft power » et de puissance régionale, est difficilement accepté par le régime voisin. Chqir prévient que les médias et réseaux sociaux algériens resteront à l’affût de la moindre faille organisationnelle pour tenter de ternir l’image du Royaume durant le tournoi.