Casablanca : le fiasco d’une corniche à 70 millions de dirhams ?
La décision du conseil communal de Casablanca de refuser la réception du projet de la corniche d’Aïn Sebaâ a provoqué de vives réactions. Invoquant des malfaçons, ce blocage sur un projet majeur suscite l’indignation et montre des difficultés de gestion récurrentes, laissant les habitants dans l’incertitude.
Le projet, doté d’un budget de 70 millions de dirhams, promettait une requalification majeure du littoral est de la ville. Pourtant, les travaux ont été jugés non conformes au cahier des charges. Ce cas n’est pas isolé : le zoo d’Aïn Sebaâ, supervisé par la même société Casa Aménagement, reste aussi fermé malgré les promesses et un ultimatum de la mairie, ce qui, selon des experts, « soulève de nombreuses interrogations sur le rythme des travaux et l’efficacité des mécanismes de suivi ».
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Face à ces dysfonctionnements, des acteurs de la société civile pointent un manque de contrôle en amont. Pour Mohamed Amari, de l’Instance Nationale de Protection des Biens Publics et de la Transparence au Maroc, de tels projets « exigent la mise en place d’un système de contrôle efficace, compétent et rigoureux, garantissant la détection de toute déviation ou irrégularité » dès le début, afin de prendre les mesures correctives à temps.
La société civile réclame désormais des enquêtes techniques et une plus grande clarté de la part des responsables. Cette demande de transparence sur l’utilisation des fonds publics constitue la principale revendication. Comme le conclut M. Amari, elle « n’est pas un luxe, mais un devoir démocratique et une exigence populaire ».