Tous ces chantiers au Maroc… et pourtant le ciment chute de 11 %
Le Maroc reste porté par un puissant cycle d’investissement. Mais derrière les grands chantiers, la Banque mondiale relève les premiers signes de ralentissement : au premier trimestre 2026, les ventes de ciment ont chuté de 11 % sur un an.
L’économie marocaine continue d’avancer à un rythme soutenu, mais tous les indicateurs ne progressent plus dans la même direction. Alors que l’investissement reste l’un des principaux moteurs de la croissance, les premiers mois de 2026 montrent un essoufflement dans certaines activités industrielles et dans la construction.
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Dans son Rapport de suivi de la situation économique au Maroc, la Banque mondiale relève notamment une baisse de 11 % des ventes de ciment en glissement annuel au premier trimestre. Le taux d’utilisation des capacités industrielles a également reculé de 1,2 point entre décembre et mars.
Ces chiffres détonnent dans une économie encore fortement soutenue par les investissements. La formation brute de capital fixe devrait progresser de 11,2 % en 2026, les grands projets d’infrastructure restant l’un des principaux moteurs de l’activité.
Les préparatifs du Mondial 2030 participent à cette dynamique. La Banque mondiale considère les grands projets d’infrastructure, dont ceux liés à la compétition, comme l’un des facteurs qui ont soutenu le cycle de croissance marocain.
La croissance ralentit hors agriculture
La baisse du ciment ne signifie pas que les grands chantiers marocains se sont arrêtés. La Banque mondiale la présente plutôt comme l’un des indicateurs à haute fréquence signalant un ralentissement de l’industrie et de la construction au début de 2026.
Cette faiblesse est pour l’instant compensée par une campagne agricole exceptionnelle. Grâce à des précipitations très favorables, le PIB agricole devrait bondir de 14 % cette année, tandis que la croissance non agricole ralentirait à 3,1 %.
Au total, la croissance marocaine devrait encore atteindre 4,2 % en 2026, après 4,9 % en 2025. Mais derrière ce chiffre solide, la composition de l’activité change : l’agriculture accélère fortement pendant que plusieurs indicateurs de l’industrie et de la construction commencent à perdre de la vitesse.
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La chute de 11 % des ventes de ciment constitue ainsi moins le signe d’un arrêt des grands travaux qu’un premier avertissement : malgré le boom des investissements, certaines parties de l’économie marocaine montrent déjà des signes d’essoufflement.