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Chellah, un monument historique

11 mai 2003 - 12h12 - Culture

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Il y a 2300 ans, une cité s’érige, occupant alors la colline qui domine la vallée du Bouregreg.
Phéniciens et Carthaginois y ont fait escale avant que les Romains ne s’y installent du temps de Ptomémée, qui lui donna, dès le premier siècle avant J-C, le nom de Sala (Chellah) que Antonin transforma en Sala Colonia car, après la conquête arabe au VIIIe siècle, Chellah connaîtra un long déclin.

Cependant, le Sultan mérinide, Abou Al-Hassan, décide d’y fonder (14e siècle) un Ribat qu’il appelle « Al-Ribat Al Moubarak ».
Aujourd’hui, ce site historique est devenu un lieu de prédilection pour les touristes et les R’batis abritant de temps à autre des manifestations culturelles et artistiques.
Protégée par une enceinte avec de fortes tours et trois portes monumentales qui reflètent l’art mérinide, Chellah abrite dans ses espaces intra-muros de nombreux monuments arabo-islamiques ainsi que des vestiges romains tels : le forum romain, les ruelles de l’époque romaine, les vestiges des magasins et maisons romaines, la nécropole où se trouve actuellement le Mausolée d’Abou Al-Hassan, le hammam, le foundouk, la madrassa et la mosquée mérinide, et puis d’autres vestiges islamiques antérieurs et postérieurs à l’époque mérinide.
En revanche, le site de Chellah abrite aussi une végétation luxuriante, en quelque sorte des « jardins » laissés en partie à l’état naturel.
Ceux-ci étant curieusement le refuge privilégié des cigognes et des aigrettes durant toute l’année. Historiquement, le nom (Salé le neuf) qui aurait été donné à Rabat par les Mariscains ne figure guère dans les sources arabes de l’Histoire du Maroc. Il semblerait, par contre, que l’expression (Salad Colonia Romand) appellation romaine de Chellah, serait devenue, abreviée Salé le vieux, capitale des princes znatis au 4e siècle de l’Hégire.
Ainsi, situé sur la colline dominant le Bouregreg au sud-est de Rabat, le site de Chellah, ou l’ancienne Sala Colonia, nous renvoie à la plus lointaine implantation humaine de la vallée, sachant qu’après une présence phénicienne et charthaginoise, les Romains y bâtirent une ville et un port fluvial servant de comptoir méditerranéen.
L’atmosphère intérieure de l’enceinte mérinide témoigne de l’usure du temps et du conflit perpétuel entre la pierre et la végétation : les ruines se dégradant de plus en plus vite laissant alors s’échapper les vestiges d’une civilisation millénaire.
Ce site menacé participe néanmoins à la sacralisation de la nature dans ces lieux à l’échelle de la vallée et aussi à l’échelle du monde par son rayonnement englobant à la fois ses murailles, sa porte monumentale et enfin son site archéologique, riche en vestiges romains. Dans Chellah se trouvent trois tombeaux : celui de Sidi Amer Al-Mesnaoui (à droite), celui de Sidi Yahya (au milieu) et enfin de Sidi Lahcen Al Imam (à gauche).
Quant au minaret de Chellah, celui-ci surgit d’une végétation touffue coiffé alors de cet attribut intemporel qu’est le traditionnel nid de cigognes. L’architecture mérinide très recherchée met en exergue des tours très décorées, sachant que les Mérinides ont introduit à l’époque les vertus du zellige et du carrelage.
A l’instar des sites historiques, le minaret Hassan (Tour Hassan), la Casbah des Oudayas à Rabat, celui de Chellah figure parmi les monuments les plus chargés d’Histoire ; Chellah étant le brassage de plusieurs civilisations ayant joué un rôle prépondérant, notamment les Phéniciens, les Carthaginois, les Romains puis les derniers maîtres des lieux, les Arabes qui ont laissé des témoignages de l’architecture islamique.

Ouafaâ Bennani pour lematin.ma

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