Contrats secrets avec la Russie : Ce que le classement du SIPRI ne dit pas sur l’armement de l’Algérie
Selon le SIPRI, le Maroc est devenu le premier importateur d’armes en Afrique entre 2021 et 2025. Pourtant, derrière ces chiffres, l’opacité des contrats algériens et les écarts de prix entre matériels russes et occidentaux nuancent ce constat.
Le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) dresse un constat frappant : le Maroc s’est hissé au rang de premier importateur d’armement en Afrique sur la période 2021-2025. Tandis que les importations globales du continent ont chuté de 41 %, le royaume a vu ses acquisitions bondir de 12 %. Dans le même temps, les données officielles attribuent à l’Algérie un effondrement de 78 % de ses achats, plaçant pour la première fois Rabat en tête du classement continental.
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Cette suprématie statistique est cependant contestée par les experts du secteur. Interrogé par El Independiente, Akram Kharief, directeur de MenaDefense, souligne que ce classement ne reflète que les transferts déclarés publiquement. L’Algérie impose un secret défense absolu sur ses transactions, notamment avec l’agence russe Rosoboronexport. Selon l’analyste, « si les Russes publient le moindre document lié à l’Algérie, le contrat est annulé », rendant ces acquisitions invisibles pour les organismes internationaux.
L’analyse des budgets militaires suggère une réalité différente sur le terrain. Alger consacre environ le double des ressources financières de Rabat à sa défense pour des effectifs comparables. Cette disparité budgétaire indique que l’Algérie importe probablement deux fois plus de matériel que son voisin. Des systèmes de pointe, comme les chasseurs russes Su-35 ou les Su-57, resteraient ainsi totalement absents des radars du SIPRI en raison de cette politique de confidentialité structurelle.
Le coût des équipements accentue ce décalage. L’Algérie se fournit majoritairement en Russie et en Chine, où les prix sont nettement inférieurs aux standards occidentaux. À l’inverse, le Maroc privilégie des fournisseurs comme les États-Unis, la France ou Israël, dont les matériels incorporent des marges plus élevées. Pour Akram Kharief, « l’Algérie achète beaucoup plus en quantité et en qualité », une supériorité en volume qui ne transparaît pas dans les classements basés sur la valeur marchande déclarée.
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Cette course effrénée s’inscrit dans un climat de tensions persistantes autour du Sahara et d’une rupture des relations diplomatiques entre les deux puissances maghrébines. Le Maroc a modernisé sa doctrine pour adopter une stratégie plus offensive et technologique, tandis qu’Alger renforce son arsenal dans un hermétisme total. Entre contrats secrets et disparités de coûts, l’équilibre militaire régional demeure incertain, loin des certitudes affichées par les seules statistiques publiques.