Elle se déclare veuve alors que son mari marocain est vivant, puis lègue tout à son neveu
Une femme mariée au Maroc s’est présentée comme veuve dans un testament désignant son neveu comme unique héritier. Après son décès, son mari marocain conteste le document, affirmant que son cancer et ses métastases cérébrales avaient altéré son discernement.
Le Marocain, né en 1953, avait épousé cette femme née en 1964 au Maroc en 2023. Deux ans plus tard, il découvre pourtant que son épouse s’est déclarée veuve dans un testament public signé devant un notaire suisse.
Le document, établi le 21 mai 2025, désignait le neveu de la femme comme son seul héritier. Il demandait également à son fils, né d’une précédente union, de ne pas contester cette décision. La femme est décédée quelques semaines plus tard dans un hôpital genevois.
Le 23 juillet, le notaire a transmis une copie du testament au mari. Celui-ci s’est immédiatement opposé à la délivrance d’un certificat d’héritier. Mais la Justice de paix a d’abord refusé de reconnaître ses droits : son mariage célébré au Maroc n’était pas encore inscrit dans les registres suisses.
Ce type de reconnaissance peut pourtant être déterminant pour les droits liés au mariage et à l’héritage des MRE. Dans cette affaire, l’union a finalement été inscrite à l’état civil suisse le 15 octobre 2025, soit près de quatre mois après le décès.
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Le mari soutient que son épouse avait reçu un diagnostic de cancer métastasé en 2024. Selon lui, les métastases cérébrales et les traitements auraient affecté ses facultés au printemps 2025. Il affirme également qu’elle était analphabète et met en doute sa capacité à lire et à comprendre le testament signé devant le notaire.
Il relève surtout une anomalie majeure : le document la présente comme veuve alors qu’ils étaient mariés. Son époux estime donc pouvoir faire annuler le testament une fois leur mariage officiellement reconnu en Suisse.
Le neveu reçoit les affaires de la défunte
Le Marocain a également appris que le neveu avait récupéré à l’hôpital les effets personnels de sa tante, notamment son sac à main, ses clés, son téléphone et son portefeuille. Il a demandé à la justice de lui interdire de disposer des biens de la succession et de lui imposer une amende de 1 000 francs par jour en cas de refus de les remettre.
Le neveu a reconnu avoir reçu les affaires personnelles de la défunte, mais a livré une tout autre version de la situation. Selon lui, sa tante n’avait pas souhaité que son époux vienne la rejoindre à son chevet. Il a également contesté l’affirmation selon laquelle le fils de la défunte aurait renoncé à ses droits successoraux.
Cette bataille rappelle combien une erreur ou une reconnaissance tardive peut bloquer durablement l’héritage d’un MRE. Elle intervient aussi dans un pays où un milliardaire français avait voulu léguer sa fortune à son jardinier marocain, déclenchant une autre longue bataille autour d’un testament.
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La Justice de paix a finalement placé toute la succession sous administration officielle le 20 janvier 2026. Cette décision suspend les pouvoirs de gestion et de disposition des personnes qui pourraient prétendre à l’héritage. Ni le neveu ni le mari ne peuvent donc librement disposer des biens en attendant que le conflit soit tranché.
Dans son arrêt du 6 mars 2026, la Cour de justice de Genève reconnaît que le premier tribunal avait eu tort d’affirmer que le mari n’avait pas rendu vraisemblable la possession des effets personnels par le neveu. Celui-ci avait lui-même admis les avoir reçus de l’hôpital.
Cette correction ne suffit cependant pas à donner gain de cause au Marocain. La succession étant désormais administrée par une personne désignée par la justice, sa demande urgente contre le neveu est devenue sans objet. Il devra payer 1 200 francs de frais judiciaires.
La Cour n’a surtout pas encore décidé si le testament était valable, si la défunte disposait de toutes ses facultés lorsqu’elle l’a signé ou si son mari doit recevoir une part de l’héritage. La véritable bataille successorale, autour de cette femme qui s’était déclarée veuve alors que son époux était vivant, reste donc à venir.