Une découverte majeure au Maroc redéfinit l’histoire de la vie marine
Des chercheurs américains et danois ont mis au jour de rares structures microbiennes jurassiques dans la vallée du Dadès, au Maroc. Révélée récemment, cette découverte issue de sédiments profonds redéfinit les conditions de préservation de la vie marine ancienne.
Une étude conjointe de l’université du Texas et de l’université d’Aarhus vient de marquer un tournant en paléobiologie. La Geological Society of America annonce que l’équipe scientifique a identifié des empreintes biologiques plissées dans les strates de la province de Tinghir. Ces formations ont été retrouvées dans un ancien environnement marin abyssal, une zone jusqu’alors considérée comme incompatible avec ce type de développement.
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Traditionnellement, la communauté scientifique associait exclusivement ces structures microbiennes aux eaux de surface, là où la lumière permet le processus de photosynthèse. Or, les scientifiques ont repéré ces empreintes spécifiques au sein de turbidites, des dépôts générés par d’anciens glissements de boue sous-marins. Cette configuration géologique démontre que ces organismes se sont formés à plus de 180 mètres sous le niveau de la mer.
Les analyses approfondies écartent l’hypothèse d’une origine liée à des algues lumineuses. Les données prouvent que ces architectures résultent de l’activité de bactéries chimiosynthétiques. Ces communautés organiques spécifiques puisaient leur énergie directement dans les matières chimiques transportées vers les fonds marins par des courants troubles.
L’exceptionnalité de cette trouvaille réside également dans son état de conservation à travers les âges. Datant de 180 millions d’années, ces tapis microbiens ont survécu à la période jurassique, une ère marquée par une intense activité de la faune marine qui détruit habituellement ces traces. L’ancien écosystème de la vallée du Dadès a fourni des conditions de préservation uniques, définitivement confirmées par la détection d’importants taux de carbone organique sous les plissements étudiés en laboratoire.
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Face à l’improbabilité de trouver de tels organismes dans les abysses, le docteur Rowan Martindale a précisé que son équipe avait dû scruter le moindre indice géologique pour certifier cette intuition. Ces travaux élargissent les périmètres de recherche des premières formes de vie et consacrent la chaîne montagneuse de l’Atlas comme un laboratoire naturel mondial documentant l’évolution de la Terre.
https://www.oeb.harvard.edu/news/2026/02/wrinkles-time-jurassic-mystery-beneath-morocco