Le Pluridens imelaki, monstre géant de 9 mètres découvert au Maroc

- 20h00 - Maroc - Ecrit par : L.A

Une nouvelle espèce de mosasaure géant, baptisée Pluridens imelaki, a été identifiée dans les phosphates du Maroc. Ce prédateur de neuf mètres de long bouleverse les connaissances sur la diversité des reptiles marins à la fin de l’ère des dinosaures.

Des chercheurs ont mis au jour à Sidi Chennane le crâne fossilisé d’un reptile marin d’une taille exceptionnelle. Selon l’étude publiée dans mdpi.com, ce spécimen de Pluridens imelaki date du Maastrichtien terminal, soit environ 66 à 67 millions d’années, une période située juste avant l’extinction massive du Crétacé supérieur.

Lire plus : Ce prédateur aux dents de poignard dominait les mers marocaines avant les dinosaures

Avec un crâne mesurant 1,25 mètre de long, ce mosasaure atteignait une taille comparable à celle de grands prédateurs de l’époque comme Thalassotitan. Il se caractérisait par un museau mince et rectangulaire ainsi qu’une mandibule exceptionnellement longue, portant environ 25 dents droites et triangulaires adaptées à la capture de proies spécifiques.

Cette morphologie suggère une stratégie de recherche alimentaire distincte de ses congénères. Contrairement à Pluridens serpentis, doté d’un museau plus large et d’yeux plus petits, P. imelaki possédait des mâchoires fines impliquant une force de morsure plus faible, probablement dédiée à la consommation de petites proies à corps mou.

Une radiation adaptative majeure des Halisaurinae au Crétacé supérieur

La découverte prouve que la sous-famille des Halisaurinae était bien plus diversifiée et riche en espèces qu’estimé jusqu’ici. Loin d’être simplement supplantés par d’autres groupes, ces reptiles ont connu une véritable « radiation adaptative », occupant des niches écologiques variées et devenant des membres clés des écosystèmes marins aux basses latitudes.

L’espèce s’avère toutefois extrêmement rare, représentée par un seul spécimen parmi des centaines de restes de mosasaures collectés au fil des décennies dans les phosphates. Les scientifiques expliquent que la richesse de cet assemblage est portée par des « taxons rares » qui ne sont révélés que grâce à un échantillonnage extensif et minutieux.

Lire plus : Une découverte dans le Haut Atlas marocain change notre vision des océans primitifs

Ce nouveau géant des mers confirme que les écosystèmes marins du Maroc à la fin du Crétacé étaient parmi les plus riches au monde. L’existence de prédateurs aussi diversifiés que Pluridens imelaki montre que les reptiles marins continuaient d’explorer de nouvelles stratégies de survie et de se diversifier jusqu’à la fin de leur règne.