« On donne un sandwich au jeune qui fait la récolte » : un agriculteur espagnol vise le Maroc

- 21h00 - Espagne - Ecrit par : Sébastien A.

Un agriculteur espagnol accuse des entreprises de son pays de délocaliser leurs cultures au Maroc pour profiter d’une main-d’œuvre beaucoup moins chère. Alberto Tomás dénonce une concurrence qu’il juge déloyale, avec une formule particulièrement provocatrice sur les salaires des ouvriers marocains.

« Beaucoup d’entreprises espagnoles vont cultiver au Maroc, puis rapportent leurs produits ici. » Alberto Tomás, agriculteur dans la région de La Rioja, n’y va pas par quatre chemins. Pour expliquer pourquoi certaines exploitations espagnoles peinent à rivaliser avec les produits importés, il pointe directement les différences de rémunération entre les deux pays.

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Dans un entretien accordé au podcast AgroLife, remis en avant ce samedi 10 octobre par El Español, le producteur utilise une image choc : « Au Maroc, pardon pour l’expression, on donne un sandwich au jeune qui fait la récolte. » Une manière de dénoncer les faibles coûts salariaux, sans apporter de chiffres précis sur les rémunérations pratiquées dans les exploitations marocaines.

Des entreprises espagnoles attirées par les coûts de production au Maroc

Pour cet agriculteur, le problème ne vient pas uniquement des importations marocaines. Il reproche surtout à des entreprises espagnoles de produire de l’autre côté du détroit de Gibraltar avant de réintroduire leurs marchandises sur le marché espagnol. Elles bénéficieraient ainsi de coûts inférieurs à ceux des exploitants restés dans leur pays.

Alberto Tomás connaît les difficultés du métier. Installé à Quel, dans La Rioja, il exploite environ 45 hectares de terres agricoles. Vignes, amandiers, oliviers, pruniers, brocolis et cerises composent notamment sa production. Il a également entrepris de relancer une variété locale de poivron menacée de disparition.

La hausse des prix du carburant agricole et des engrais pèse sur ses revenus. Malgré ces difficultés, il affirme que son exploitation reste rentable, au prix de nombreux efforts. « Je veux que mes cultures soient correctement payées et qu’elles ne subissent pas une concurrence déloyale », insiste-t-il.

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Le producteur critique également un système dans lequel certaines aides agricoles peuvent devenir plus avantageuses que la vente des récoltes. Il cite notamment la vendange en vert, une pratique consistant à supprimer une partie des raisins avant leur maturité pour limiter la production. Il reconnaît y avoir lui-même eu recours lorsque les conditions économiques rendaient cette solution plus intéressante que la commercialisation de sa récolte.