Drame de Fès : Des têtes vont tomber après la mort de 22 personnes, l’ajout illégal d’étages en cause
L’heure des comptes a sonné à Fès. Alors que le bilan humain de l’effondrement du quartier Al Massira s’est alourdi à 22 morts, les autorités orientent désormais leur action vers la chaîne de responsabilités administratives. Des sanctions lourdes, incluant la destitution de plusieurs responsables territoriaux, sont attendues dans les prochains jours pour avoir fermé les yeux sur des infractions urbanistiques fatales.
Les enquêtes, menées sous la supervision du Wali Khalid Aït Taleb et du procureur du Roi, ciblent une irrégularité précise : l’ajout illégal de deux étages supplémentaires sur des structures dont le permis de construire remonte à 2006. Ce laxisme présumé face aux règles de sécurité a transformé une fête de naissance en tragédie, l’un des bâtiments abritant des invités au moment du drame tandis que l’autre était inoccupé.
À lire : Maroc : 19 morts et 16 blessés dans l’effondrement de deux immeubles à Fès
Pendant que la justice fait son œuvre, le personnel médical du CHU Hassan II s’active au chevet des survivants. Selon Rachida Zouazou, responsable de la communication de l’hôpital, interrogé par Hespress, 17 blessés, adultes et enfants, y sont toujours pris en charge. Si une fillette de 11 ans a pu regagner son domicile, cinq autres mineurs restent sous surveillance médicale, tout comme onze adultes souffrant de traumatismes divers.
À lire : Ce drame à Fès aurait-il pu être évité ? Neuf morts dans un effondrement
Ce drame, survenu dans la nuit de mardi à mercredi à Bensouda, a mobilisé les forces de sécurité et la protection civile pour sécuriser le périmètre et évacuer les riverains. Au-delà de l’urgence des secours, c’est désormais le procès de l’habitat anarchique et de la complaisance administrative qui s’ouvre sur les ruines du quartier.