Refusée à l’hôpital de Salé, elle accouche dans le tramway et perd son bébé : l’affaire au Parlement

- 17h00 - Maroc - Ecrit par : Bladi.net

Le décès tragique d’un nouveau-né, survenu après un accouchement inopiné dans le tramway Rabat-Salé, prend une tournure politique. Le député Abdellah Bouanou a saisi le ministre de la Santé pour comprendre pourquoi la mère s’est vu refuser l’accès à un hôpital public alors qu’elle était sur le point d’accoucher.

L’affaire a été portée devant l’hémicycle via une question écrite détaillant la chronologie du drame, survenu le mercredi 19 novembre 2025. Une femme s’est présentée vers seize heures à l’hôpital Moulay Abdellah de Salé. Toutefois, son admission a été rejetée par l’établissement. Le motif invoqué par l’administration serait que l’horaire de travail de l’unique gynécologue-obstétricienne de service était terminé.

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Conformément aux procédures, la patiente a été orientée vers la maternité de l’hôpital Moulay Youssef à Rabat. C’est durant ce trajet de transfert que les contractions se sont intensifiées. La mère a finalement donné naissance à son enfant à l’intérieur d’une rame du tramway, sous le regard des passagers. Malheureusement, le nourrisson n’a pas survécu et est décédé peu après sa naissance.

Un manque critique de personnel médical à Salé

La question parlementaire montre encore une fois les défaillances structurelles de l’hôpital Moulay Abdellah. Selon le député, l’établissement souffre d’un grave déficit de personnel, ne comptant qu’une seule spécialiste en gynécologie-obstétrique. Cette pénurie empêche la mise en place d’un système de garde ou de permanence nocturne, alors que la ville de Salé ne dispose que de six médecins spécialisés dans ce domaine pour l’ensemble de ses structures publiques.

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Face à cette situation, Abdellah Bouanou a demandé l’ouverture d’une enquête pour déterminer les responsabilités dans ce refus de soins d’urgence. Il interroge également le ministère sur les mesures prévues pour renforcer les effectifs médicaux à Salé et garantir la continuité du service public, notamment par l’activation d’un véritable système de permanence.