Maroc : des infirmières sanctionnées après un live TikTok à l’hôpital
Deux infirmières stagiaires à l’hôpital provincial Ibn Baja de Taza ont écopé d’une suspension provisoire après avoir été vues dans un direct sur TikTok pendant leurs heures de travail au sein d’un service de l’établissement.
Les deux infirmières stagiaires, « qui ne font pas partie du corps professionnel, ont été suspendues, mais nous ignorons encore la décision finale que prendra l’administration à leur égard », a confirmé auprès d’Achkayen une source syndicale au sein de l’hôpital. De nombreux internautes ont dénoncé le « comportement irresponsable » de ces infirmières qui porte atteinte à l’image du personnel soignant et est contraire aux règles éthiques et professionnelles. Dans la vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, on voit les deux stagiaires se livrer à des activités ludiques sur leur lieu de travail, suscitant une vive indignation parmi les professionnels de santé et l’opinion publique locale.
À lire : Le Maroc va-t-il chercher des infirmières en Egypte ?
Le syndicaliste explique que « les usagers ne savent pas faire la différence entre un infirmier et un stagiaire, ni à quel institut ou école chacun appartient, ni qui sont les bénévoles. » Pour pallier ce problème, le syndicaliste rappelle que son organisation avait demandé à la direction de confectionner des badges renseignant le nom, la fonction et l’organisme d’appartenance du personnel, ainsi que des uniformes pour les infirmiers pour permettre de les distinguer. « Depuis longtemps, nous demandons au ministère de tutelle de mettre fin à ces dysfonctionnements et de créer l’Ordre national des infirmiers, qui permettrait d’organiser la profession », a renchéri un infirmier.
À lire : Les infirmiers marocains en appellent au roi Mohammed VI
Pour un membre du bureau national du Syndicat indépendant des infirmiers, « le problème est bien plus grave qu’on ne le pense. » « Aujourd’hui, il s’agit d’une vidéo sur TikTok, mais il peut y avoir d’autres pratiques qui portent atteinte à l’image du service public et du corps infirmier, voire qui mettent en danger la santé des Marocains, en permettant à des personnes non qualifiées de prodiguer des soins », a-t-il alerté. Et d’insister : « Nous sommes aujourd’hui face à un véritable désordre : n’importe qui peut se prétendre infirmier. Nous sommes confrontés à une question de qualité et de gouvernance, et y répondre exige de définir clairement les responsabilités et les compétences de chaque intervenant. »