Appel urgent au roi Mohammed VI

- 17h00 - Maroc - Ecrit par : S.A

Menacé de mort après avoir dénoncé une « corruption enracinée » au sein du service de chirurgie pédiatrique de l’Hôpital Mère-Enfant relevant du Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd de Casablanca, un médecin appelle le roi Mohammed VI au secours.

« J’ai déposé un rapport sur la corruption dans le service, et il y a eu une réaction de la part des instances responsables. Mais ce qui m’a poussé à demander une intervention royale urgente, c’est que j’ai commencé à recevoir des menaces visant à m’intimider », relate Dr Ahmed Jarmoumi, médecin résident au service de chirurgie pédiatrique de l’Hôpital Mère-Enfant relevant du Centre hospitalier universitaire Ibn Rochd de Casablanca. Dans une vidéo publiée sur son compte Facebook, il décrit un l’environnement de travail toxique à tous égards.

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« Les réunions destinées à la discussion des dossiers médicaux, qui devraient être un espace de formation et d’échange d’expériences, se sont transformées en une arène pour détruire la confiance en soi et diffuser venin et humiliations au lieu d’un enseignement scientifique, ce qui a eu un impact négatif sur notre santé physique et mentale », dénonce le spécialiste, soulignant que ces pratiques violent l’article 22 de la Constitution marocaine, qui protège l’intégrité physique et morale de toute personne, et contreviennent à l’article 78 du Statut général de la fonction publique qui impose à l’administration de protéger les fonctionnaires contre les menaces et les humiliations.

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À en croire Jarmoumi, cette ambiance délétère a poussé certains médecins à quitter le service, à changer de spécialité ou même à quitter le Maroc en raison de « l’injustice, de la pression et des humiliations » alors que le nombre de médecins résidents, ne dépasse pas six. Cette situation n’est pas sans conséquence sur le service : grave pénurie de personnel conjuguée à une augmentation de la charge sur les médecins restants.

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« Aujourd’hui, nous sommes face à une situation dangereuse où souvent un seul médecin se retrouve responsable de toutes les urgences pédiatriques au niveau de la région Casablanca-Settat, dont la population dépasse 7 millions d’habitants, dont environ 1,9 million d’enfants de moins de 15 ans », fait savoir Dr Jarmoumi. Il s’alarme d’une menace directe pour la santé des enfants marocains et la qualité de la formation médicale : « Notre voix s’adresse aujourd’hui à l’opinion publique pour que chacun connaisse l’ampleur de la souffrance partagée par le médecin et l’enfant au sein de ce service, et pour que chaque partie assume sa responsabilité dans la protection de la santé de ces enfants, qui sont la prunelle des yeux de cette nation. »

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« La corruption ne signifie pas toujours la corruption du système, elle peut se concentrer sur certaines personnes. Avec tout le patriotisme et une confiance totale dans l’homme de loi suprême du pays, nous lançons cet appel au roi Mohammed VI, afin d’ouvrir une enquête urgente, de réhabiliter le service de chirurgie pédiatrique et de créer un environnement de travail fondé sur le respect mutuel et un encadrement scientifique sérieux, ce qui servira en fin de compte l’intérêt du patient et l’avenir de la formation médicale dans notre pays », a conclu le médecin.

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