Agent de ménage à Saint-Germain-en-Laye, Mohamed a été interpellé par les policiers d’Élancourt dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 août, après que sa femme, aide à domicile à Montigny-le-Bretonneux, a alerté la police. L’accusé a tenté de joindre sa femme au téléphone 67 fois entre 17h07 et 0h17. A 19h26, il lui a envoyé un SMS menaçant : « Je te jure, ce jour est un jour noir pour toi. » Sa femme et ses trois filles de 14, 17 et 20 ans étaient allées dîner chez une amie. À leur retour, le mari violent s’en prend à sa femme. « Tu rentres à cette heure-là ? Tu sors le soir sans prévenir, sale pu* ? », lui lance-t-il, la saisissant à la gorge.
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« La scène s’est déroulée sous les yeux des trois filles. L’une d’elles, âgée de 17 ans, a subi des violences aussi, alors qu’elle s’interposait pour protéger sa mère. Elle a frappé son beau-père à coups de pied et l’a menacé avec un fer à repasser », détaille la présidente du tribunal. Depuis leur mariage au Maroc en 2023, la femme subit des violences verbales et physiques, relaie Le Parisien. Lors de leurs dépositions au commissariat, les filles ont affirmé que leur beau-père a tenté d’étrangler leur mère et l’a menacée avec un couteau. Mais elles ont refusé de déposer plainte.
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À la barre ce mardi, l’une des filles revient sur ses déclarations, assurant que l’accusé avait menacé sa mère avec un « couteau pour tartiner le beurre » et non un couteau de cuisine. La femme affirme aussi que son mari n’a pas tenté de l’étrangler, mais qu’il a simplement empoigné son tee-shirt pour l’inviter à une « discussion à l’écart des enfants ». De son côté, Mohamed essaie de se justifier : « Elle a été absente entre 14 heures et minuit. J’étais sans nouvelles et très inquiet. J’étais aussi angoissé parce qu’elle ne conduit pas bien et qu’elle a déjà eu deux accidents. »
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« J’aime ma femme. J’étais très en colère, c’est vrai. Alors j’ai dit des mots assez durs. Mais pu*, je ne crois pas », a-t-il déclaré, en sanglots, la main sur le cœur. Et d’ajouter : « Je ne savais pas que téléphoner plusieurs fois comme ça, c’était une infraction ». Sa femme, également en pleurs, explique devant la cour que les insultes sont leur quotidien : « Lui, il m’insulte. Moi, je l’insulte aussi. On a l’habitude. Dans notre couple, c’est normal. » « Dans ce cas, si tout va bien pour vous, pourquoi avoir téléphoné à la police en pleine nuit ? », demande la présidente. Finalement, Mohamed a écopé de deux ans de prison avec sursis.