Des combines pour émigrer… clandestinement

15 août 2008 - 17h56 - Ecrit par : L.A

Les clandestins exploitent tous les moyens pour traverser la frontière avec l’Espagne. L’une des dernières trouvailles est la foire de Sebta. Les promoteurs de cette manifestation disposent d’une vingtaine de camions pour transporter le matériel et autre équipements, et ce depuis quelques années : ces véhicules viennent d’être utilisés par des clandestins. Le dernier voyage a eu lieu en début de semaine.

La foire s’était installée à Sebta fin juillet en provenance d’Espagne. Manèges, jeux divers… ont été chargés sur les 350 véhicules et camions le 11 août dernier, date de la fin de la foire. Des clandestins ont profité de cette occasion pour se faufiler sous les camions et au milieu des bagages de la foire. Lors de l’embarquement au port de Sebta, les forces de l’ordre espagnoles ont pu retrouver 111 clandestins, la plupart d’origine marocaine. Ces émigrés sont entrés à Sebta via un visa restreint qui ne leur permet pas d’aller au-delà de cette ville.

A côté de cette « méthode », d’autres, plus ou moins classiques, continuent d’exister. La patera est la plus connue, mais aussi la plus risquée. Ses usagers payent entre 10 et 25.000 DH le « ticket » pour la traversée. Ce moyen de transport est encore en vogue malgré les nombreux naufrages. Une autre méthode reste celle de la « cotisation » : un groupe de candidats à l’émigration se cotise et achète une embarcation pneumatique équipée d’un moteur. Le vendeur leur assure un lieu propice pour le départ et une réserve suffisante de carburant. A eux de piloter l’engin jusqu’aux côtes espagnoles, où ils l’abandonnent.

Dans 80% des cas, les cadavres des malheureux sont repêchés du côté des côtes marocaines, les embarcations utilisées étant fragiles et les conditions de navigation trop dures. Pour les plus rusés, il y a la méthode du transit. Le « voyageur » achète un billet d’avion pour la Turquie et fait escale à Madrid. Là, il se « perd » dans la nature. La méthode avait fait ses preuves avant que les autorités européennes ne découvrent le pot aux roses. Maintenant, elle est classée comme moyen à haut risque financier par les « postulants ». Et pour les amateurs des sensations fortes, il y a la méthode de la « substitution ».

Cette dernière se base sur la location du passeport d’un MRE en mal d’argent. Ce dernier accomplit les démarches au sein du port de Tanger, puis livre le passeport au clandestin pour accéder au bateau. De préférence, le voyage se fait en été afin de profiter du flot humain estival et de l’affluence des MRE. Les prix sont élevés, car la méthode est sûre, estime-t-on dans les milieux de la clandestinité : ils varient entre 35 et 50.000 DH, suivant la nationalité du passeport, les Allemands sont les plus prisés, mais aussi les plus rares. Une fois à destination, un tiers se charge de récupérer le passeport et de le rapporter à son propriétaire resté au Maroc. D’autres encore se jettent à la mer à bord d’embarcations de fortune, faites de branches et de bidons, qu’il n’est pas rare, hélas, de retrouver par la suite échouées sur les plages de Tanger.

Un bateau de guerre aussi

Il y a quelques années, deux clandestins avaient été retrouvés à bord d’un bateau d’appui de la Marine de guerre espagnole. Les deux passagers, de nationalités algérienne et palestinienne, étaient montés dans un camion qui avait embarqué dans le navire à Sebta. Les membres de l’équipage avaient retrouvé les deux immigrés illégaux à quelques milles du port d’Alméria, leur destination finale.

Source : L’Economiste - Ali Abjiou

Tags : Immigration clandestine - Espagne - Pauvreté

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