Emprisonné 90 jours au Maroc, un supporter parisien refuse la « guerre » Maroc-Algérie

- 12h00 - France - Ecrit par : Betty de G.

Arrêté lors de la finale de la CAN 2025 à Rabat, un supporter parisien de 28 ans a passé 90 jours en détention. Malgré une incarcération jugée injuste, le jeune homme refuse d’alimenter les tensions entre le Maroc et l’Algérie.

Libéré le 18 avril après avoir purgé l’intégralité de sa peine à la prison d’El Arjat (Salé), Lyèce Mouri refuse toute récupération politique. Malgré des conditions d’isolement difficiles dans une cellule de six mètres carrés, ce responsable associatif ne garde aucune rancœur. « Je n’ai pas envie de rentrer dans une guerre Algérie-Maroc. Le peuple marocain m’a super bien accueilli », assure-t-il, gardant intacte sa passion pour le ballon rond.

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Son cauchemar a débuté le 18 janvier, alors qu’il assistait à la rencontre en tant qu’invité de la fédération sénégalaise. Le jeune homme raconte avoir été interpellé brutalement en tribunes après avoir célébré un but. Lors de son interrogatoire, l’atmosphère se serait crispée lorsqu’il a révélé que sa mère était née en Algérie. Selon ses dires, les policiers l’auraient alors constamment appelé « Dzaïri », ignorant sa nationalité française.

Poursuivi initialement pour plusieurs chefs d’accusation, il a finalement été relaxé pour la majorité des faits reprochés. La justice l’a toutefois condamné à trois mois de prison pour un jet de bouteille, verdict confirmé en appel. Comme le relate le quotidien Le Parisien, le supporter conteste formellement cette version. Il s’appuie sur un dossier validé par un huissier, contenant des preuves vidéo qui contredisent l’heure de son arrestation en flagrant délit.

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Son parcours judiciaire a été complexifié par une grève des avocats et la barrière de la langue lors des audiences. Déplorant avoir été jugé avec animosité et ayant perdu plus de dix kilos en détention, le supporter a dû se forger un mental d’acier. Fort du soutien de cadres de l’équipe du Sénégal à son retour, il compare cette épreuve à une chute à vélo, affirmant qu’il faut simplement se relever pour avancer.