Il a enseigné aux États-Unis, mais c’est au Maroc qu’il a retrouvé ce qui lui manquait
Après avoir enseigné aux États-Unis, Manuel Álvarez a posé ses valises à Larache, dans le nord du Maroc. Ce professeur espagnol y a découvert une façon de vivre qui lui rappelle son enfance en Galice. Et surtout, des relations humaines qu’il apprécie particulièrement.
« Les gens sont affectueux, s’intéressent à vos problèmes, vous écoutent et vivent avec moins de stress. » Voilà ce qui plaît à Manuel Álvarez depuis qu’il s’est installé au Maroc. Entre les invitations à prendre un thé, les voisins toujours prêts à rendre service et les amitiés nouées au fil des mois, ce professeur d’éducation physique espagnol a retrouvé à Larache une ambiance qui lui manquait.
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L’enseignant sait de quoi il parle. Originaire de Galice, dans le nord-ouest de l’Espagne, il a notamment travaillé en Louisiane, aux États-Unis, avant de rejoindre un établissement scolaire espagnol au Maroc. Deux expériences très différentes, raconte-t-il au quotidien La Voz de Galicia, dans un portrait publié jeudi 8 octobre.
Aux États-Unis, il dit avoir découvert une société « beaucoup plus individualiste et matérialiste ». Au Maroc, c’est plutôt la vie de quartier qui l’a marqué. Les enfants jouent dehors, les voisins se connaissent et les gens s’entraident. Autant de petites habitudes qui lui rappellent la Galice de sa jeunesse, lorsque les portes restaient ouvertes et que chacun connaissait les familles de son quartier.
Son fils ne voulait pourtant pas venir au Maroc
Le déménagement n’avait pas enchanté tout le monde. Son plus jeune fils, alors âgé de 14 ans, refusait de quitter son collège et ses copains espagnols. Les premiers temps ont été difficiles. Mais l’adolescent s’est finalement fait de nouveaux amis, tout en découvrant qu’il pouvait conserver les anciens lors de ses retours en Galice.
Manuel, lui, connaissait déjà le Maroc avant de s’y installer. Lorsqu’une possibilité d’enseigner à l’étranger s’est présentée, il l’a même placé en tête de ses choix. La proximité avec l’Espagne a pesé dans la décision : depuis Larache, il peut rejoindre facilement Tanger et rentrer régulièrement voir ses proches.
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Ce qui l’étonne aujourd’hui, c’est surtout le décalage entre l’image que certains Espagnols se font du Maroc et la réalité qu’il observe. Malgré les différences religieuses et culturelles, il estime que le quotidien des deux pays se ressemble bien davantage qu’on ne l’imagine. Ses voyages à Essaouira, Chefchaouen et dans les régions montagneuses lui ont également fait découvrir un pays loin des seuls clichés du désert.
Reste la question du retour. Après plusieurs années au Maroc, le professeur aimerait retrouver son établissement en Galice, ses amis et sa famille. Il envisage aussi de poursuivre sa carrière à l’étranger, pourquoi pas comme conseiller auprès du ministère espagnol de l’Éducation.