MRE : « Sommes-nous Marocains ou ne le sommes-nous pas ? »
Revenir vivre au Maroc après plusieurs années en Europe ne signifie pas forcément retrouver immédiatement sa place. Installée aujourd’hui à Marrakech après avoir vécu en France, Amina raconte avoir parfois été considérée comme une étrangère dans son propre pays.
Les débuts ont été difficiles pour elle et sa famille. Au-delà du changement de mode de vie, Amina explique avoir ressenti une forme de mise à distance liée précisément à son parcours de Marocaine ayant vécu à l’étranger.
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« Nous en avons beaucoup souffert », confie-t-elle à Hespress. Ce sentiment ne l’a pas seulement concernée personnellement : ses enfants ont eux aussi ressenti cette manière d’être parfois regardés comme des étrangers.
Une expérience vécue à Essaouira l’a particulièrement marquée. Amina avait participé, avec d’autres MRE, à l’accueil de voyageurs arrivant par avion, à une période où l’aéroport de la ville connaissait une activité croissante. Elle raconte s’être beaucoup investie dans cette opération sans avoir le sentiment que cet engagement était reconnu.
« Sommes-nous Marocains ou ne le sommes-nous pas ? »
Cette expérience l’avait amenée à s’interroger ouvertement : « Sommes-nous Marocains ou ne le sommes-nous pas ? Pourquoi ces gens nous traitent-ils ainsi ? ». Une question qui résume, pour elle, le décalage que peuvent ressentir certains MRE lorsqu’ils passent du statut de visiteurs estivaux à celui de résidents permanents.
Son expérience du retour ne s’est pourtant pas arrêtée à ces difficultés. Avec le temps, sa famille a réussi à trouver ses repères et ses enfants à s’intégrer. Amina considère aujourd’hui son installation au Maroc comme une expérience positive.
Elle encourage ainsi les MRE qui souhaitent revenir définitivement à ne pas renoncer devant les premiers obstacles. À ses yeux, ceux qui ont vécu en Europe peuvent aussi apporter au Maroc l’expérience acquise à l’étranger : « Qu’ils ramènent les bonnes choses qu’ils ont apprises en Europe et qu’ils les mettent en pratique ici, dans notre pays. »
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Pour Amina, revenir au Maroc ne consiste donc pas seulement à changer de pays de résidence : il faut parfois réapprendre à y trouver sa place.