L’équipe du Maroc ciblée par la presse française

- 20h00 - Sport - Ecrit par : Nadia El A.

À quelques heures du quart de finale entre le Maroc et la France, une partie de la presse française a choisi de mettre en avant les polémiques autour des Lions de l’Atlas plutôt que leur parcours sportif. Sécurité, affaire Hakimi, tensions supposées : le cadrage interroge.

Le Maroc affronte la France avec une place en demi-finale de Coupe du monde en jeu. Sur le terrain, les Lions de l’Atlas arrivent avec des arguments solides, une équipe structurée et un parcours qui impose le respect. Mais dans une partie de la presse française, le match semble parfois avoir été déplacé ailleurs.

Sur Bladi.net : France-Maroc : l’équipe du Maroc vue par la presse française

Ces derniers jours, plusieurs articles ont mis l’accent sur des sujets périphériques. Le Monde a consacré ce jeudi un article à Achraf Hakimi autour de l’affaire judiciaire qui le poursuit, en soulignant que le joueur dispute la Coupe du monde « comme si de rien n’était ». L’information existe, mais son retour au premier plan à quelques heures d’un France-Maroc donne une tonalité particulière au contexte.

Même logique avec L’Équipe, qui a relayé le dispositif de sécurité prévu à Paris pour la rencontre, avec un titre centré sur la lutte contre la délinquance. Là encore, l’information est factuelle : la préfecture de police annonce des mesures, des fermetures et des contrôles renforcés. Mais l’effet médiatique est clair : avant même le coup d’envoi, le match est associé aux risques de troubles et à l’ordre public.

Un cadrage négatif autour du Maroc

RMC Sport a, de son côté, choisi de revenir sur la Panenka manquée de Brahim Diaz contre le Sénégal et sur les reproches qu’Achraf Hakimi lui aurait adressés. Le titre insiste sur « un lien distendu » et des « mots durs ». Au lieu de mettre en avant la qualification marocaine, le travail de Mohamed Ouahbi ou les forces tactiques de l’équipe, l’accent est placé sur une possible tension interne.

Pris séparément, ces articles peuvent être défendus. Ils reposent sur des faits ou des éléments d’actualité. Mais mis bout à bout, ils dessinent un même cadrage : le Maroc est présenté à travers la justice, la sécurité, les tensions et les polémiques, plus qu’à travers son football.

C’est là que le traitement médiatique devient intéressant. La sélection marocaine n’est pas seulement analysée comme adversaire sportif de la France. Elle est aussi entourée d’un récit qui la charge émotionnellement et symboliquement avant le match. Le débat quitte le terrain pour aller vers les faits divers, l’ordre public ou les tensions supposées dans le vestiaire.

Sur Bladi.net : Avant France-Maroc, ça chauffe entre journalistes

Il serait excessif de parler de campagne organisée sans éléments le démontrant. En revanche, il est difficile d’ignorer la répétition de ces angles. À l’approche d’un match aussi sensible, une partie de la presse française semble moins raconter le Maroc qui joue qu’un Maroc qui dérange, inquiète ou divise.