Qui est “Escorpión”, le Marocain qui inquiète l’Espagne ?
Surnommé « Escorpión », un mystérieux narcotrafiquant marocain orchestre un vaste réseau de bateaux rapides entre l’Afrique du Nord et l’Espagne. Actuellement en fuite, cet individu monopolise l’attention de la police après la mort récente de deux gardes civils.
Cet alias résonne à chaque incident lié au trafic de drogue en Espagne. Traqué depuis des années par l’Unité des drogues et du crime organisé (UDYCO) de la police nationale espagnole, ce fugitif se cacherait au Maroc. L’intérêt pour son identification a redoublé d’intensité à la suite du décès de Jerónimo et Germán, deux agents tués à Huelva lors d’une course-poursuite. Dans cette zone côtière, les forces de l’ordre croisent régulièrement des embarcations chargées de stupéfiants ou de carburant, dont beaucoup portent la signature de ce dirigeant.
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Le rôle de cet homme a été affiné lors d’un vaste coup de filet impliquant un commanditaire basé à Dubaï et menant à l’arrestation de 70 personnes. Parmi elles figurait Abselam M.M., dit « el Tapi », chargé de financer les bateaux de cette organisation. D’après les informations relayées par Antena 3, le suspect gère depuis le Maroc une importante flotte de vedettes. Il ne se contente pas de tracer les itinéraires, mais dicte ses instructions aux équipages, fixant les points de livraison et désignant les contacts pour la réception de la marchandise.
Les enquêtes imputent à cette structure le transport de plusieurs tonnes de cocaïne vers les îles Canaries et la péninsule ibérique. Des écoutes de lignes satellitaires ont d’ailleurs permis de démanteler une logistique criminelle baptisée « Vector Islas Canarias ». Son interpellation reste toutefois extrêmement complexe. Réfugié sur le territoire marocain, il profite d’une coopération judiciaire parfois aléatoire pour échapper aux mandats internationaux. L’exécution de ces requêtes par les autorités marocaines dépend, selon la même source, du profil de l’individu recherché et de ses attaches dans le pays.
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Pour fonctionner, ce trafic recrute massivement des habitants du sud de l’Espagne, frappés par le manque d’opportunités professionnelles. Selon Lucas Lavilla, membre d’une association de la Garde civile à Huelva, surveiller les allées et venues de la police pendant une demi-heure peut rapporter mille euros. Les riverains acceptent ainsi de ravitailler les navires en essence ou de récupérer les ballots sur les plages. Avec leurs immenses moyens financiers, ces groupes ciblent particulièrement les jeunes. Un habitant inquiet résume la situation : cet argent facile s’apparente à un gâteau posé à la sortie d’une école, attirant des recrues qui ignorent tout des véritables dangers de ce milieu.