L’Espagne veut rapatrier un oiseau depuis le Maroc pour le sauver
Des scientifiques exhortent actuellement les autorités espagnoles à réintroduire le turnix d’Andalousie. Disparu de la péninsule ibérique dans les années 1990, ce petit oiseau survit précairement au Maroc, où les chercheurs proposent de le capturer pour lancer un élevage salvateur.
Considérée comme l’une des espèces aviaires les plus menacées d’Europe, cette créature au plumage cryptique n’a plus été aperçue en Espagne depuis plusieurs décennies. Face à l’urgence, les experts cités par le Huffington Post réclament une intervention étatique immédiate. Ils affirment posséder les moyens technologiques nécessaires et qualifient ce projet de rapatriement d’« obligation morale ».
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Pendant des années, les expéditions scientifiques ont ratissé l’Afrique du Nord pour localiser d’éventuels survivants. Leurs efforts ont finalement permis de découvrir une ultime population sur le littoral atlantique marocain. L’observation de ce noyau résiduel a mis en lumière des comportements singuliers : les femelles dominent le territoire, s’accouplent avec de multiples partenaires et expulsent l’air lentement pour appeler les mâles, ces derniers assumant seuls l’incubation des œufs pendant une dizaine de jours.
Toutefois, ce refuge marocain décline de manière alarmante sous la pression de l’agriculture intensive et des changements d’utilisation des sols. Alors qu’en 2010 les chercheurs détectaient l’animal dans la moitié des parcelles étudiées, ce taux de présence s’effondre aujourd’hui à seulement 1 %. L’habitat disponible se limite désormais à un espace très restreint de 5 000 hectares concentrés dans des zones agricoles traditionnelles.
Pour enrayer cette disparition définitive, les ornithologues proposent de prélever plusieurs spécimens au Maroc afin d’initier un programme de reproduction. Cette phase stratégique pourrait être confiée au parc zoologique de Jerez, qui dispose d’une expérience réussie avec le turnix asiatique. Les spécialistes estiment qu’un délai de trois à quatre ans suffirait pour constituer une population captive stable et suffisamment nombreuse.
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Une fois le cheptel sécurisé, des libérations contrôlées seraient organisées dans le sud de l’Espagne. Le projet cible les anciennes aires de répartition de l’oiseau, dont les derniers individus ibériques documentés avaient été abattus par erreur par des chasseurs en 1981. Les plaines littorales d’Andalousie, particulièrement les secteurs de Doñana, de La Janda ou de Vejer, figurent parmi les sites privilégiés pour cette réintroduction.