Une étude démonte la propagande algérienne contre le Maroc
Une étude universitaire accuse l’APS et la Radio Algérienne de transformer l’actualité internationale en récits idéologiques. Sur le Maroc, les chercheurs relèvent un vocabulaire de « répression » et de « trahison », des accusations contestées présentées comme des faits et un traitement à géométrie variable.
Le traitement réservé au Maroc par les médias publics algériens s’éloignerait des exigences journalistiques d’exactitude, d’équilibre et de fidélité aux sources. C’est la conclusion de l’étude publiée dans l’International Journal of Linguistics, Literature and Translation par des chercheurs à l’Université Hassan II de Casablanca.
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Le travail porte sur trois articles représentatifs : deux dépêches de l’agence officielle Algérie Presse Service consacrées au conflit entre Israël, l’Iran et les États-Unis, ainsi qu’un article de Radio Algérienne sur les relations entre le Maroc et Israël.
Pour le volet marocain, les chercheurs décortiquent un article intitulé « Maroc : normalisation sans limites avec l’entité sioniste et cap sur la répression ». Selon leur analyse, le texte ne se contente pas de critiquer la politique étrangère de Rabat. Il construit le Maroc comme l’acteur d’une série de fautes morales : « trahison », « répression », abandon de la cause palestinienne et complicité avec Israël.
Les verbes choisis placent systématiquement l’État marocain en position d’accusé. Le « régime marocain » est présenté comme ignorant des crimes, défiant la volonté populaire, tournant le dos à une cause juste ou réprimant « férocement » les militants pro-palestiniens. Pour les auteurs, cette accumulation transforme des décisions diplomatiques et politiques en récit moral opposant les coupables aux victimes.
L’étude relève aussi une omission importante. Radio Algérienne présente le rapprochement avec Israël comme la preuve d’un abandon de la Palestine, mais ne rappelle pas que la déclaration tripartite signée en décembre 2020 réaffirmait officiellement la position « constante et inchangée » du roi Mohammed VI sur la question palestinienne.
Autre exemple : l’accostage de navires dans des ports marocains est utilisé comme indice d’une collaboration militaire avec Israël. Or, Maersk avait formellement rejeté les accusations affirmant que ses bâtiments transportaient des armes ou des munitions vers Israël. Le groupe danois dénonçait des suppositions présentées comme des faits et une utilisation trompeuse de données publiques. Cette contestation n’apparaît pas dans le récit étudié.
Les chercheurs pointent enfin un double discours. Lorsque les autorités algériennes limitent certaines expressions au nom de la loi, de l’ordre public ou de la cohésion nationale, ces mesures sont présentées comme légitimes et protectrices. Lorsque des pratiques comparables sont attribuées au Maroc, Radio Algérienne les qualifie directement de « répression ».
L’analyse des articles de l’APS aboutit à un constat similaire sur la manipulation des sources. Les auteurs affirment notamment avoir identifié l’ajout d’une expression idéologiquement chargée à une déclaration du secrétaire général de l’ONU, António Guterres, alors que ces mots ne figuraient pas dans le texte original.
L’étude conclut à une forte proximité entre le discours du pouvoir algérien et celui des médias publics. Elle estime que l’information internationale y est régulièrement réorganisée autour de récits de complot, d’agression, de loyauté ou de trahison, au risque de faire disparaître la frontière entre information et propagande.
Sur Bladi.net : Graves accusations contre le Maroc
Les chercheurs reconnaissent toutefois la principale limite de leur travail : l’analyse détaillée repose sur seulement trois articles. Elle apporte des exemples précis et vérifiés, mais ne constitue pas une étude quantitative de l’ensemble des contenus publiés par les médias algériens.