France : faute de 3 941 euros, des étudiants étrangers risquent d’être rayés

- 23h00 - France - Ecrit par : S.A

L’université de Strasbourg a décidé de désinscrire une quarantaine d’étudiants en master hors Union européenne qui n’ont pas pu s’acquitter des 3 941 euros de frais de scolarité. Cette application stricte de la loi suscite l’indignation des syndicats et du corps enseignant.

L’année universitaire se termine par une impasse pour 47 étudiants étrangers inscrits en master à l’université de Strasbourg. Selon Le Monde, ces jeunes, pour la plupart originaires d’Afrique, sont radiés des listes et ne recevront ni diplôme ni attestation. La cause ? L’incapacité de payer intégralement leurs droits d’inscription majorés fixés à 3 941 euros annuels, soit 16 fois plus qu’un étudiant français, en application de la politique des « droits différenciés » votée en 2019.

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Cette mesure, rarement appliquée par les présidents d’université qui la jugeaient contraire aux valeurs de l’enseignement supérieur, fait désormais figure de norme sous l’impulsion du ministère de l’Enseignement supérieur. Frédérique Berrod, présidente de l’établissement strasbourgeois depuis mars 2025, assume ce choix. Elle justifie la décision en expliquant que l’exonération partielle est réservée aux licences, tandis que les droits différenciés s’appliquent pleinement en master, affirmant que les candidats étaient informés avant leur venue. Cependant, un étudiant subsaharien anonyme témoigne avoir découvert cette majoration avec effroi en septembre, trop tard pour changer ses plans.

Cette situation plonge de nombreux jeunes dans une extrême précarité. Pour tenter de rassembler la somme requise, en plus des 7 400 euros nécessaires à l’obtention du visa, beaucoup accumulent les dettes et les emplois nocturnes précaires. Les enseignants-chercheurs et les syndicats dénoncent un « harcèlement financier », soulignant que 15 000 euros pour deux ans de master représentent une charge vertigineuse pour des étudiants issus de pays comme le Sénégal, le Togo, le Tchad, le Maroc ou l’Algérie.

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Face à cette crise, l’intersyndicale et L’Alternative étudiante Strasbourg organisent une cagnotte de soutien et ont manifesté devant le bâtiment de la présidence. Ils pointent une situation aberrante : bien qu’ayant suivi les cours et passé leurs examens, ces étudiants se retrouvent administrativement inexistants.