Le gasoil bientôt à 18 dirhams le litre au Maroc ?
Suite à l’escalade militaire au Moyen-Orient, un expert marocain alerte sur une hausse imminente et record des prix du carburant au niveau national. Face à cette crise, il appelle d’urgence à réviser la stratégie énergétique du Royaume.
L’expert en énergie et syndicaliste de la société La Samir, El Houssine El Yamani, redoute des répercussions directes sur le marché marocain suite aux récentes attaques impliquant les États-Unis, Israël et l’Iran. Ce dernier estime estime que la situation géopolitique a redessiné la carte énergétique, soulignant que « les prix du pétrole et du gaz n’écoutent plus que la voix des missiles balistiques ».
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Cette instabilité internationale se traduit par une flambée spectaculaire des cours. Le prix du baril de Brent a bondi de 73 à 114 dollars, tandis que la tonne de gasoil est passée de 730 à près de 1 400 dollars. L’expert prévient que le litre de gasoil pourrait ainsi atteindre 18 dirhams à la pompe au Maroc, un tarif qui « ne correspond pas aux revenus de la majorité des Marocains » et que les aides sectorielles aux transporteurs ne suffiront pas à atténuer.
Cette crise met en évidence les failles du système national, notamment l’arrêt du raffinage local. Le spécialiste calcule un écart de 4,23 dirhams entre le litre de brut et celui du gasoil sur le marché international. Pour une consommation annuelle de sept milliards de litres, ce différentiel coûte près de 30 milliards de dirhams au pays, constituant selon lui une « preuve irréfutable de l’importance et de l’utilité du raffinage du pétrole ».
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Face à cette urgence, le syndicaliste réclame l’élaboration d’un plan souverain et une évaluation critique des politiques de privatisation et de libéralisation menées depuis 1995. Pour protéger le pouvoir d’achat, il exige l’annulation de la libéralisation des prix, le plafonnement des marges des distributeurs, une baisse des taxes et, surtout, la relance immédiate de l’activité à la raffinerie de Mohammédia.