Carburants au Maroc : le gasoil pourrait grimper à 13 dirhams dès le 15 mars
Les distributeurs pétroliers s’apprêtent à relever les prix à la pompe le 15 mars, portant potentiellement le gasoil à 13 dirhams. Ce choc tarifaire ravive les tensions sur l’aide directe aux transporteurs, tandis que la réforme de l’indexation reste en suspens.
La flambée des cours internationaux rend désormais quasi inévitable une révision tarifaire au niveau national. Selon les simulations des opérateurs, le litre de gasoil pourrait augmenter de deux dirhams, menaçant directement le pouvoir d’achat et les chaînes de distribution. Face à cette urgence, le gouvernement envisage de réactiver le dispositif d’aide directe aux transporteurs, un mécanisme qui a déjà coûté près de 7 milliards de dirhams entre 2022 et 2024.
Lire plus : Maroc : mauvaise nouvelle à la pompe (dès demain)
Pourtant, cette solution est loin de faire l’unanimité au sein de la profession. La Fédération du transport et de la logistique (FTL) dénonce un système générant une forme de rente. « Certains transporteurs ont préféré mettre leurs camions à l’arrêt et se contenter de recevoir les aides », explique une source interne citée par Le360. Les critiques pointent également un ciblage inadapté, l’aide étant calculée sur le tonnage du véhicule plutôt que sur le kilométrage réellement parcouru.
L’exécutif dispose d’un projet de loi visant à indexer les tarifs du transport sur les cours du brut, mais le texte demeure bloqué au Secrétariat général du gouvernement (SGG). Initialement porté par l’ancien ministre Mohamed Abdeljalil, ce texte offrirait une réponse structurelle en permettant une révision automatique des contrats de transport. Toutefois, le ministère des Finances s’y opposerait par crainte de nourrir une « spirale inflationniste ».
Lire plus : Maroc : Très mauvaise surprise à la pompe
En l’absence de ce cadre réglementaire, le pays reste dépendant du soutien direct de l’État pour éviter une paralysie logistique. Un professionnel du secteur rappelle l’enjeu crucial : « Le transport est une ligne noire qui alimente toute l’économie. Dès que ses coûts augmentent, cela se répercute automatiquement sur l’ensemble des chaînes de production ». À ce jour, la solution de l’aide directe, bien que contestée, semble être la seule option retenue par les pouvoirs publics pour amortir le choc pétrolier.