Habitat : Hejira veut relancer le locatif

- 22h54 - Maroc - Ecrit par : L.A

Le secteur de l’habitat locatif est en crise structurelle et sa contribution dans l’activité économique est insignifiante. Ahmed Taoufiq Hejira, ministre de l’Habitat, en est parfaitement conscient. Pour amorcer une réforme, son département a lancé en 2005 une étude pour la relance de l’habitat locatif.

Les résultats de ce travail de diagnostic, basé sur des enquêtes de terrain, ont été présentés mercredi dernier à Rabat en présence des opérateurs du secteur. D’emblée, les données de l’étude montrent qu’en 2004 seulement 56% des Marocains ont leur propre logement. Donc, tout le reste (44% de la population) est concerné par le secteur de location. Mais le marché est caractérisé par une inadéquation entre l’offre et la demande. Le parc de ce type de logement a connu une forte évolution au début de la décennie en passant de 600.000 unités en 1999 à 930.000 en 2004. On constate la dominance des logements modernes avec 63% du parc suivis des appartements (19%). Mais de manière générale, 74% de ce parc est concentré dans les grandes agglomérations où il y a une forte demande. Casablanca en concentre 23% et Rabat 15%. L’offre locative globale est estimée à plus d’un million d’unités pour une demande effective qui s’élève aussi à un million de ménages.

Seulement, les propriétaires se refusent à louer leur bien, préférant rester à l’affût du « bon client » pour éviter de se retrouver devant les tribunaux. Sur 800.000 logements fermés, on estime à 163.000 le nombre d’habitations concernées par la location. Donc parmi les objectifs de cette étude, la mise en place d’un cadre juridique adéquat pour rétablir la confiance entre propriétaires et locataires, dans lequel le département de l’Habitat a finalisé la préparation d’un projet de loi pour réglementer le secteur.

Les initiateurs de ce texte ambitionnent de simplifier les procédures et de clarifier les droits et les obligations de chaque partie (règles de récupération du bien loué, révision et garantie de paiement du loyer, durée d’occupation…). Tout cela sera consigné par écrit dans le contrat de bail.

Toujours dans le but de relancer le secteur, l’étude propose d’autres mesures. Sur ce point on doit retenir la professionnalisation de l’intermédiation locative à travers la création de sociétés structurées. Ces dernières vont se charger du suivi de l’exécution du contrat de bail. Actuellement, le rôle des agences se limite uniquement à des opérations de vente et d’acquisition. Uniquement 25% de ces agences s’occupent de la collecte des redevances de loyer.

Le faible rendement des investissements dans le secteur est parmi les contraintes relevées par l’étude. Ainsi le taux de rendement net après impôt s’établit en moyenne à 4,3%. Ce qui n’encourage pas les grands promoteurs à investir le secteur du locatif. Selon l’étude, 56% des propriétaires sont des personnes en activité et 25% sont des retraités. Et, 10% des bailleurs ont eu recours au crédit bancaire pour réaliser leurs projets.

Frilosité bancaire

Les banques aussi évitent de financer l’habitat à usage locatif, créneau jugé à haut risque. A titre d’exemple, durant la période 1997-2004, le CIH a accordé près de 13 milliards de DH de crédit aux projets de logements destinés à la vente contre à peine 10 millions de DH pour la construction de l’habitat locatif. Pourtant, un indicateur du secteur plaide pour son soutien : sa valeur ajoutée se situe entre 0,5% et 1,5% du PIB durant la période 1995-2005.

Source : L’Economiste - Nour Eddine El Aissi

  • Habitat : Le secteur cherche visibilité

    « Le Maroc ne sera pas touché par la crise immobilière internationale actuelle ». Ce sont les propos répétés plusieurs fois par Ahmed Taoufiq Hejira, ministre de l'Habitat, lors d'une récente rencontre avec les opérateurs du secteur à Rabat. « La situation au Maroc est complètement différente de celle des autres pays occidentaux comme les Etats-Unis d'Amérique et certains pays européens », explique le ministre.

  • "Pas de crise immobilière mais un déficit de logement"

    « Il n y a pas de crise immobilière au Maroc », a de nouveau clamé Toufiq Hejira, ministre de l'habitat, de l'urbanisme et de l'aménagement du territoire, devant plus de 300 professionnels de l'immobilier qui ont répondu présent au dîner-débat organisé le 12 novembre par La Vie éco, en partenariat avec radio Aswat, autour du thème : « Comment pérenniser le secteur immobilier ».

  • 98,9 millards de dh d'investissements dans l'habitat en 2007

    Le volume des investissements dans le secteur de l'habitat a atteint 98,9 milliards de DH en 2007 contre 58,9 en 2002, soit une hausse de 67,9 pc. Ces investissements ont permis la création de 839.000 postes d'emploi en 2007 contre 632.000 en 2002. Le nombre d'unités d'habitat social réalisées en 2007 est estimé à 121.000 contre 45.000 en 2002.

  • Immobilier : C'est vraiment la déprime ?

    « Les opérateurs immobiliers ont besoin de visibilité ». L'affirmation n'émane pas d'un promoteur immobilier, mais bel et bien de Taoufiq Hejira, ministre de l'Habitat et de l'Urbanisme. Ce dernier a dû sans doute lire l'article de L'Economiste du 28 août dernier où un opérateur déplore « l'opacité du marché » et le silence radio de l'Etat, qui « ne ventile pas de chiffres alors qu'il dispose des moyens et ressources pour produire des documents analytiques, loin des effets d'annonce ».

  • La crise immobilière pas là où on l'attend !

    Demain ressemblera-t-il à hier ? Si, aujourd'hui, l'immobilier surfe encore sur l'euphorie des années 2000, des signes d'essoufflement se profilent, néanmoins, ici et là. Marrakech, qui a, en quelque sorte, été la figure de cette embellie historique, est en train de connaître une accalmie dont on ne peut définir l'échéance. Les chiffres cités par des professionnels évoquent des invendus malgré une remise de 15% sur les prix ! « Une situation qui planait déjà depuis mars dernier », affirme un promoteur. Du côté officiel, l'on se veut tout de même rassurant, voire optimiste.

  • Habitat : des mesures pour 2009

    « L'immobilier a connu une véritable flambée en 2007 et 2008. Mais, l'euphorie est retombée et l'on revient petit à petit à une situation plus raisonnable », a indiqué Taoufiq Hejira, hier à Fès.

  • Immobilier : Crise ou pas crise ?

    Officiellement, le marché est au beau fixe. Officieusement, de plus en plus de promoteurs ne trouvent pas d'acheteurs à leurs logements. Analyse.

  • 95% des acquéreurs immobiliers ont fait appel aux crédit

    Le boom du secteur immobilier se poursuit. En dépit de l'inadéquation entre la demande et l'offre, cette branche d'activité continue son expansion. Il faut signaler d'emblée que ce n'est pas l'offre en elle-même qui pose problème, mais plutôt l'existence de produits à même de répondre aux exigences des différentes catégories sociales.

  • Immobilier : lancement d'une étude prospective à l'horizon 2020

    Une étude prospective sur le secteur immobilier résidentiel à l'horizon 2020 a été lancée mercredi à Rabat par le ministre de l'Habitât, Taoufik Hejira. Au terme de cette étude, un programme de développement du secteur immobilier devrait être mis en place. Des plans régionaux et locaux d'investissement immobilier seront réalisés et un observatoire de l'immobilier constitué.

  • Notaires et agents immobiliers se plaignent d'une stagnation des ventes

    Crise ou pas, le marché de l'immobilier connaît une stagnation de la demande. Certes, les opérateurs du secteur ne sont pas unanimes concernant les effets du ralentissement, mais ils s'accordent à dire que les ventes des biens immeubles destinés à l'habitation connaissent un recul par rapport à la saison dernière. Et ce sont les segments du haut et moyen standing qui sont le plus touchés pour l'instant. Trop chers, pour ne pas dire inaccessibles..., les explications ne manquent pas pour analyser la régression des ventes du côté des agents immobiliers et des notaires.