Habitat : Le secteur cherche visibilité

- 17h31 - Maroc - Ecrit par : L.A

« Le Maroc ne sera pas touché par la crise immobilière internationale actuelle ». Ce sont les propos répétés plusieurs fois par Ahmed Taoufiq Hejira, ministre de l’Habitat, lors d’une récente rencontre avec les opérateurs du secteur à Rabat. « La situation au Maroc est complètement différente de celle des autres pays occidentaux comme les Etats-Unis d’Amérique et certains pays européens », explique le ministre.

Et d’ajouter que le secteur présente encore un déficit important, notamment en matière de logement social, estimé à 614.000 unités à fin 2007. Sans oublier de satisfaire les besoins annuels de 123.000 nouvelles familles. Mais cela ne doit pas cacher l’apparition de certains dysfonctionnements qui peuvent freiner la dynamique qu’a connue le secteur ces cinq dernières années.

La spéculation et la recherche du profit sont parmi les sérieux problèmes qui menacent le développement du secteur en assurant une adéquation entre l’offre et la demande. Le faible pouvoir d’achat des citoyens aggrave davantage le déséquilibre. Sur ce point, le ministre a relevé certains dysfonctionnements. Il s’agit du tassement de la demande du haut standing. Car la catégorie concernée, dont les dépenses moyennes par ménage sont supérieures à 15.000 DH, représente uniquement 4% de la population globale. Alors que pour 30% de la population, il n’existe pas de produit adapté. Il s’agit des familles dont les dépenses mensuelles par ménage sont inférieures à 3000 DH. Le logement social est accessible à la catégorie des ménages ayant une dépense moyenne de près de 4500 DH par mois. Elle représente 42% de la population.

Toujours dans le même ordre d’idées, les résultats d’une étude sur l’évaluation des performances du secteur entre 1980 et 2006 ont montré que 40% des ménages urbains demeurent exclus de l’accès au logement de 200.000 DH. Il s’agit des familles dont les dépenses annuelles par personne sont inférieures à 5000 DH. Les initiateurs de ce travail rappellent que le prix d’un logement social à 200.000 DH représente 8,5 ans de Smig et plus de 55 ans d’épargne du « smigard » à raison d’un taux d’environ 15%. Signalons que cette étude a été initiée par le département de Hejira pour préparer les termes de référence d’une étude prospective sur le secteur à l’horizon 2020, lesquels ont été remis aux acteurs et professionnels concernés pour examen et enrichissement pour que l’étude soit lancée à partir de cette semaine.

« L’objectif est d’avoir une vision claire sur l’évolution du secteur avec une lecture objective fondée sur des chiffres », précise le ministre. « Ce qui nous permettra d’initier les réformes pour assurer une adéquation entre l’offre et la demande », ajoute-t-il. Le foncier, le financement et la fiscalité figurent parmi les chantiers à attaquer en priorité. Signalons que les résultats de cette étude seront prêts en juillet 2009. Le ministère envisage la création d’un observatoire national dédié au secteur qui se chargera notamment de la mise en application des recommandations de cette étude.

Rareté ?

La rareté du foncier commence à constituer un sérieux problème pour le développement du secteur immobilier. Les prix ont flambé durant ces dernières années. Entre 2003 et 2007, ils ont été multipliés par 2 jusqu’à 4 fois, suite à la rareté du terrain accompagné d’opérations de spéculation. La consommation annuelle est estimée entre 2500 et 3000 ha y compris les équipements.

Source : L’Economiste - Nour Eddine El Aissi

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