Halal, mosquées, aéroports : le Maroc excelle, mais rate l’essentiel
Le Maroc dispose de presque tous les services attendus par les touristes musulmans. Pourtant, le classement GMTI 2026 révèle une faiblesse surprenante : le Royaume valorise et commercialise mal le patrimoine qui devrait constituer l’un de ses principaux avantages.
Le Maroc occupe la 14ᵉ place mondiale du tourisme musulman, avec une note de 70 sur 100. Il se retrouve derrière Oman, la Jordanie et l’Égypte dans le Global Muslim Travel Index 2026, publié par Mastercard et CrescentRating.
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Le problème ne vient pourtant pas des services essentiels. Le Royaume obtient 95 sur 100 pour la restauration halal, la note maximale de 100 pour la présence de lieux de prière et également 100 pour l’adaptation de ses aéroports aux besoins des voyageurs musulmans. L’hébergement atteint, lui, 76 sur 100.
Ces résultats placent le Maroc parmi les destinations les mieux équipées pour permettre aux touristes musulmans de voyager sans devoir rechercher un restaurant adapté, un espace de prière ou des services spécifiques à l’aéroport. Mais cet avantage disparaît dès qu’il s’agit de transformer le patrimoine marocain en véritable expérience touristique.
Le Royaume ne récolte que 36 sur 100 dans la catégorie « patrimoine et expériences ». Cet indicateur ne mesure pas simplement la présence de monuments anciens. Il évalue la capacité d’une destination à proposer une immersion culturelle authentique autour de son histoire islamique, de ses traditions et de ses sites emblématiques.
La note attribuée à la promotion de la destination n’est guère meilleure : 37 sur 100. Autrement dit, le Maroc possède les services et le patrimoine, mais peine encore à les présenter sous la forme d’itinéraires, de guides, de campagnes spécialisées et d’expériences facilement identifiables par les touristes musulmans étrangers.
L’Espagne transforme mieux son héritage islamique
La comparaison avec l’Espagne rend cette faiblesse encore plus visible. Le pays voisin obtient 70 sur 100 pour le patrimoine et les expériences, soit presque deux fois la note marocaine, ainsi que 77 sur 100 pour la promotion de la destination auprès de cette clientèle.
Le rapport souligne notamment la manière dont l’Espagne met en avant l’histoire islamique de l’Andalousie, les villes de Cordoue et de Grenade ainsi que les offres halal disponibles sur place. L’office espagnol du tourisme mène également des campagnes ciblées au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est et diffuse des guides régionaux répertoriant les infrastructures adaptées aux musulmans.
Le Maroc reste beaucoup mieux classé que l’Espagne dans l’indice général grâce à son environnement religieux et à la disponibilité de ses services. Mais Madrid semble parvenir davantage à transformer un héritage historique limité à une partie de son territoire en produit touristique international.
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Le défi marocain n’est donc plus seulement d’accueillir davantage de visiteurs. Il consiste à rendre son patrimoine visible avant même la réservation, à organiser des parcours cohérents et à raconter aux voyageurs musulmans pourquoi certaines villes, traditions et expériences ne peuvent être découvertes qu’au Maroc.