Même loin des hôpitaux, la résistance aux antibiotiques laisse sa trace au Maroc
Des chercheurs ont repéré, à Settat et Ouled Said, des gènes associés à la résistance à des antibiotiques de dernier recours. Leur présence dans les deux réseaux étudiés, dont un rural, montre l’intérêt de surveiller ces eaux avant leur traitement.
L’étude, publiée dans le numéro d’octobre du Journal of Environmental Chemical Engineering, compare deux réseaux de la province de Settat : celui de la ville, qui reçoit notamment des rejets hospitaliers, et celui d’Ouled Said, en milieu rural. Les analyses portent sur des eaux usées non traitées.
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Pour en examiner le contenu, l’équipe a utilisé le séquençage de l’ADN présent dans les prélèvements. Dix-huit ensembles de données génétiques ont été analysés : dix pour Settat et huit pour Ouled Said. Cette méthode permet de rechercher simultanément des microorganismes et des gènes de résistance.
Les chercheurs ont identifié dans les deux réseaux des marqueurs liés à des antibiotiques de dernier recours, notamment les familles de gènes mcr, tet(X) et van. Ces médicaments servent à traiter certaines infections lorsque les options thérapeutiques deviennent limitées.
Le réseau rural également concerné
La détection à Ouled Said élargit l’intérêt de la surveillance au-delà des rejets influencés par les établissements de soins. Les auteurs proposent d’inclure ce réseau rural dans le suivi de l’antibiorésistance. Leurs résultats restent propres aux deux sites examinés : l’analyse génétique ne mesure pas directement l’efficacité des traitements chez les patients.
L’assainissement fait partie des moyens de limiter la circulation des résistances dans l’environnement. L’Organisation mondiale de la santé souligne le rôle de la gestion des eaux usées dans la prévention des infections et la réduction de leur propagation. Une question qui accompagne aussi le développement de la réutilisation des eaux traitées.
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Une précédente étude, publiée le 24 mars 2026 dans PLOS Water, avait déjà examiné le traitement par lagunage à Settat et Ouled Said. Elle constatait une diminution importante des bactéries après traitement, mais aussi la persistance d’une partie des souches résistantes.
Le travail génétique apporte désormais des informations complémentaires pour le suivi de ces installations. Les chercheurs envisagent d’utiliser ces marqueurs afin de caractériser les eaux entrantes et d’évaluer les procédés destinés à réduire les gènes de résistance.