Inondations au Maroc : l’armée déployée en urgence pour évacuer 20 000 personnes
Des unités de l’armée marocaine ont été déployées samedi pour évacuer des milliers de civils piégés par les eaux dans le nord-ouest du pays. La combinaison de précipitations torrentielles et de lâchers de barrages a provoqué le déplacement de plus de 20 000 personnes, notamment dans la région de Ksar El Kébir.
Le gouvernement marocain a engagé des unités de sauvetage des Forces Armées Royales (FAR) samedi pour faire face à une situation humanitaire critique. Ainsi, des milliers de personnes ont été extraites de zones submergées par la montée spectaculaire des cours d’eau. Le comité national de suivi rapporte que le débordement de l’oued Loukkos a noyé plusieurs quartiers de Ksar El Kébir, ville stratégique située à 190 km au nord de la capitale.
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La crise a été amplifiée par la saturation des barrages de la région. Presque pleins après des semaines de pluies continues, ces réservoirs ont dû procéder à des lâchers d’eau, accentuant la pression sur les bassins fluviaux. À ce jour, les autorités dénombrent plus de 20 000 déplacés, désormais logés dans des centres d’accueil temporaires et des camps d’urgence.
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Dans la province de Sidi Kacem, l’alerte a également été portée à son niveau maximal en raison de la crue de l’oued Sebou, entraînant l’évacuation préventive de plusieurs douars. À Ksar El Kébir, le paysage est désormais marqué par des barrières de sable érigées à la hâte pour protéger les zones encore sèches. Les établissements scolaires resteront fermés pour la semaine à venir afin de limiter les risques de déplacements inutiles.
Ironie climatique, ces inondations dévastatrices marquent la fin brutale d’une période de sécheresse sévère qui durait depuis sept ans. Si les barrages affichent un taux de remplissage rassurant de 60 %, garantissant la sécurité hydrique future, le tribut humain reste lourd. Cette nouvelle catastrophe survient seulement un mois après que des crues soudaines ont coûté la vie à 37 personnes à Safi, rappelant la vulnérabilité croissante des infrastructures face aux phénomènes météo extrêmes.