Interview : les voyages de Leila Ghandi

- 18h33 - Maroc - Ecrit par : L.A

« Il faut être le changement que nous voulons voir dans le monde » avait dit Gandhi... Ce changement là, une autre Gandhi, à quelques lettres près, va le dépister à l’autre bout du monde, numérique ou caméra en main. Son nom : Leila Gandhi. Grande reporter, écrivain, chroniqueuse. Chez Starduweek, nous aimons ce genre de "pépite"...

Ton enfance ? D’ou viens-tu ?

Je suis née et j’ai grandi à Casablanca, au Maroc. Je viens d’une famille ouverte sur le monde, curieuse, d’une grande tolérance et pleine d’amour pour l’Autre. Mon père aventurier et compagnon bâtisseur dans sa jeunesse, a parcouru l’Europe pour construire des monastères et des écoles, ma mère rêveuse, amoureuse des mots et tournée vers le dialogue et la transmission, ma grand-mère qui m’emmenait avec elle tous les vendredis dans sa 4L beige pour distribuer des biscuits et du lait dans les quartiers populaires de Casablanca, mon grand-père qui a choisi de s’appeler Ghandi en hommage au Mahatma lorsque l’administration française a fait faire nos fiches d’état civil. Je me suis construite dans un environnement multiculturel. Dans ma famille on parlait plusieurs langues mais surtout la langue du cœur.

Tes débuts dans le métier ?

Une exposition sauvage sur les grilles de l’église Saint Germain des près en plein mois de décembre par -2°. J’avais besoin de confronter mes photos au regard objectif des passants. Grand succès inattendu. Ça a duré quatre jours, le temps qu’il aura fallu aux autorités publiques pour me demander gentiment de déguerpir. Belle expérience. Puis première exposition en galerie, première rubrique magazine, puis les choses se sont enchaînées naturellement. Le déclic s’est produit lorsque j’ai osé prendre le risque de quitter mon emploi et mon salaire confortable pour vivre pleinement l’aventure, mes passions, et suivre mes convictions et mon intuition.

Pourquoi "Le voyage" ?

Mon père a fait le tour du Maroc à pied lorsqu’il avait 17 ans avec l’équivalent de 5 euros en poche, ma mère a fait le tour du monde avec ses parents, ensemble avec mon frère nous avons fait de beaux voyages loin des circuits touristiques et organisés. Premier voyage seule, j’avais 15 ans. C’est devenu un mode de vie. Ce besoin d’aller découvrir les autres cultures les autres hommes les autres religions et paysages. Ce besoin de poser un regard sur le monde, pour peut-être mieux le comprendre et mieux me comprendre moi-même.

N’as tu jamais peur de ne "jamais revenir" ?

Non. Je ne suis pas dans la fuite. Revenir est un bonheur aussi grand que celui de partir. Il est juste différent. De la même manière que j’ai besoin de découvrir et d’apprendre, j’ai besoin de témoigner et transmettre. Et bien sûr besoin aussi de me ressourcer et retrouver ce et ceux que j’aime ici. Si je pars, c’est donc aussi pour mieux revenir, chargée de témoignages à partager.

L’absence de tes proches est-elle un frein à ton engouement ?

C’est vrai que ce n’est pas toujours facile. Mais ceux qui m’aiment ne m’ont jamais freinée dans ma démarche. Ils savent que mon épanouissement et mon accomplissement passent par là. Ce serait ne pas rendre hommage à leur compréhension que de me freiner moi-même à cause de leur absence.

Des projets ?

Beaucoup de projets…

Ecriture. On me propose des tribunes libres ou des chroniques dans la presse, c’est un beau cadeau et j’aime beaucoup cet exercice. Je viens aussi de finir mon premier roman. Photographie. Des expositions à venir, des projets de livres photographiques aussi, et de plus en plus de portraits, c’est d’ailleurs un exercice que j’aime particulièrement. Et bien sûr, des reportages du monde, à l’image de ceux déjà réalisés comme « A la rencontre des porteurs des cimes », ou encore « Puja, hommage au Soleil »… Des reportages qui ont pour intention de mettre en lumière la beauté des hommes, de leurs traditions, de leur mode de vie, de montrer l’autre côté de ce qu’on voit généralement en premier lieu et qui souvent est loin de sa réalité essentielle. Et puis je travaille à présent sur des projets audiovisuels, c’est la suite naturelle de ma démarche.

Je suis de plus en plus sollicitée pour des projets humanitaires et j’en suis, en plus d’être honorée, très heureuse. De plus en plus de conférences, dans des centres culturels, des colloques…Mais aussi dans des universités et des écoles, J’en suis aussi très honorée, c’est une vraie marque de confiance que de me demander de rencontrer des enfants ou des étudiants pour, disent les organisateurs « leur ouvrir l’esprit ».

Ta phrase culte ?

Il y en a plusieurs… En voici quelques unes.

• « Il faut être le changement que nous voulons voir dans le monde ». Gandhi
• « Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait ». Mark Twaïn
• « Avance sur ta route car elle n’existe que par ta marche ». St Augustin

Et puis il y a une chose que je dis souvent : ne rien attendre, pour pouvoir tout trouver.

Source : Starduweek

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