Dans un livre, Driss Belaydi raconte son histoire d’immigré

- 13h32 - Maroc - Ecrit par : L.A

Rejeté enfant au Maroc parce que son père était français, Driss Belaydi raconte avoir souffert une fois de plus de sa différence en France. L’autobiographie « Les deux rives » de Driss Belaydi vient d’être publiée aux éditions Amalthée. Cet habitant d’Anchamps, originaire du Maroc, raconte son histoire d’immigré.

« Il a fallu qu’au cours d’un jeu, un désaccord survienne entre un jeune d’un douar voisin et moi. Et la phrase qui va anéantir toute mon existence est prononcée : Misse Auroumi, c’est-à-dire fils de Français en berbère », écrit Driss Belaydi.

Né d’un père français qui ne l’a pas reconnu et d’une mère marocaine, Driss Belaydi, 58 ans, a immigré en France dans les années 70.

« Sale bougnoule ! »

Rejeté dans son enfance à cause de ce père français dans son village d’origine au Maroc, Khemisset, M. Belaydi raconte avoir souffert une fois de plus de sa différence en France. Mais par pudeur il a modifié les noms de personnes et de lieux.

« Après cinq ans de bonheur en famille, en France, voilà qu’une phrase vient chambouler ma vie ! C’est une insulte ordinaire qui me tombe dessus et que j’entends encore. « Sale bougnoule ! » Je suis affreusement blessé (..) Celui qui profère de telles humiliations n’imagine pas le mal qu’il provoque », lit-on dans son livre.

Il raconte aussi une scène qui s’est passée à l’usine où il travaillait à Roanne (près de Lyon) avant d’arriver dans les Ardennes. « Après une semaine, le patron a fini par proposer une prime de 200 F et par accepter de payer toute la semaine de grève. Moi, j’ai trouvé que c’était une bonne négociation. J’ai essayé de le faire comprendre aux autres mais, en pleine réunion, devant 200 personnes, l’un d’eux me dit : le syndicalisme aujourd’hui, il est mené par des Français, pas par des Arabes ».

L’homme a beaucoup enduré mais il n’est pas aigri. Immigré en Camargue, puis à Roanne, M. Belaydi est arrivé à Revin à la fin des années 90 avant d’acheter « la maison de ses rêves » à Anchamps. « À l’époque où j’ai immigré dans les années 70, beaucoup de Marocains sont venus en France par l’intermédiaire d’un membre de leur famille qui y travaillait déjà. J’avais un frère qui était employé dans une ferme en Camargue. C’est comme cela que j’ai eu mon contrat de travail pour venir en France », raconte l’auteur. Il a pleuré lors de son premier jour de travail.

Le mot « intégration », trop politisé

« Le lundi matin à 7 heures, mon employeur me donne une faux et m’emmène le long du Rhône pour couper les roseaux qui poussent sur les petits canaux alimentant les terres en eau douce et en récupérant l’eau salée. Je suis très déçu. Je me rends compte que j’ai laissé mon pays, mes parents, un climat merveilleux, je me dis que si j’avais poursuivi mes études, je serai sans doute parvenu à un poste de responsabilité. Et me voilà à faucher des roseaux, tout seul. Je pleure », écrit Driss Belaydi.

Mais aujourd’hui en retraite à Anchamps, M. Belaydi ne regrette pas son parcours et aime sa deuxième patrie. « Je n’aurais certainement pas eu tout ce que j’ai si j’étais resté au Maroc », dit-il.

Il déteste le mot « intégration » car trop politisé. « Pourquoi parler d’intégration pour les enfants nés en France, c’est un non-sens ». Son ambition : « Je souhaite que cette histoire donne envie au lecteur, à chaque fois qu’il rencontrera quelqu’un de différent, de l’accoster sans préjugé »

Source : L’Union - Arlyne Jeannot

  • Saïd Taghmaoui : « Je suis en quelque sorte un petit Obama »

    De « trahison » à « Lost » en passant par « House of Saddam », Saïd Taghmaoui ne cesse d'émerveiller son public par ses succès. Jeune acteur de 35 ans et issu de parents ayant immigré de la région de « Haha » du Maroc vers la France, Saïd Taghmaoui est aujourd'hui en tête d'affiche des grands films de Hollywood.

  • Saïd Taghmaoui impose sa marque à Hollywood

    Quatorze ans après « La Haine », le jeune acteur français d'origine ­ma­rocaine tourne dans « Lost » a HawaII et enchaîne les films aux Etats-Unis. Sa mère peut être fière. Acteur vedette aux Etats-Unis, Saïd n'en a pas oublié d'être le meilleur des fils, revenant auprès des siens dès que le rythme infernal des tournages le permet.

  • Hommage à Driss Chraïbi à l'Institut du Monde Arabe

    L'Institut du Monde Arabe de Paris rend hommage à Driss Chraïbi le 27 novembre à 18h30 avec la projection du documentaire "Conversations avec Driss Chraïbi" réalisé par Ahmed El Maânouni.

  • Driss Karim

    Driss Karim, réalisateur marocain, est né le 25 avril 1938 à Tanger. Enseignant à l'institut des arts dramatiques à Paris et à l'Ecole nationale supérieure de cinéma, de télévision et d'Art dramatique de Lodz en Pologne, il était également réalisateur à la télévision marocaine, avant de rejoindre le CCM.

  • Tahar Ben Jelloun : "Ils vivent leur retraite comme une défaite"

    L'écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun était l'invité hier à Metz de la librairie Géronimo pour son dernier livre Au Pays. Le retour désenchanté d'un immigré au Maroc.

  • Rajaa Benkiran tuée par une déneigeuse à Montréal

    Il n'y a pas eu trois, mais quatre piétons tués cet hiver par des véhicules de déneigement, à Montréal. Le décès d'une Marocaine de 49 ans, morte au passage d'une déneigeuse, avant Noël, n'a pas fait les manchettes... Il a fallu un communiqué du Bureau du coroner décrétant la tenue d'une enquête publique sur les quatre décès, pour mettre au jour le drame d'une famille éprouvée.

  • Gad Elmaleh : "pour toi public"

    Soleil timide et sourire trompeur. Devant les photographes, Elmaleh est en mode "Gad is beautiful". Sous ses pieds, il y a la neige, et sous la neige, on dirait qu'il y a une scène, tellement il est drôle, tellement il est à l'aise...

  • Driss et Mehdi, les Eric et Ramzy marocains

    Driss et Mehdi, les gagnants de l'émission Comédia, sont les nouveaux ambassadeurs de l'humour moderne. Rencontre avec ce duo qui ne compte pas s'endormir sur ses lauriers.

  • Le CCME au SIEL pour promouvoir les cultures des MRE

    Le Conseil de la Communauté Marocaine à l'Etranger (CCME) participe actuellement au Salon International de l'Edition et du Livre (SIEL) de Casablanca afin de promouvoir les cultures des Marocains résidents à l'étranger (MRE).

  • Au Maroc, loin des Terriens

    Il y a des pièces de théâtre qui vivent de leur mystère. Celle du Marocain Driss Ksikes en est une. "Mais qui est "Il" ?", se demandent invariablement les spectateurs, à la fin de la représentation. Il, c'est le nom de la pièce. C'est surtout le personnage principal, que l'on ne voit jamais.