L’Italie manque de bouchers : des Marocains formés à Casablanca pour ses supermarchés
Trente-huit Marocains viennent d’achever à Casablanca une formation destinée aux rayons boucherie de supermarchés italiens. Le programme, conçu pour répondre aux difficultés de recrutement en Italie, prépare ces candidats à travailler dans les magasins Conad grâce à un dispositif d’immigration professionnelle échappant aux quotas habituels.
L’Italie manque de personnel qualifié dans la grande distribution et vient chercher une partie de ses futurs salariés au Maroc. Lundi 2 novembre, 38 professionnels marocains de la boucherie devaient recevoir leurs attestations à la Cité des métiers et des compétences de Casablanca-Settat, en présence de l’ambassadeur d’Italie, Pasquale Salzano, selon l’agence italienne ANSA.
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Les candidats ont été préparés pour intégrer les rayons boucherie de Conad, l’une des grandes enseignes de supermarchés italiennes. Leur formation, entièrement organisée au Maroc, associait l’apprentissage de la langue italienne à des compétences professionnelles adaptées aux besoins des magasins.
Le projet est piloté par l’agence de recrutement Synergie Italia, avec plusieurs partenaires italiens et marocains, dont l’association Luna et la Cité des métiers et des compétences.
Initialement prévu pour 40 bénéficiaires, le programme avait reçu l’approbation du ministère italien du Travail le 27 juillet 2026. Trente-huit personnes ont finalement achevé leur préparation, selon le bilan communiqué par l’ambassade.
Un recrutement possible sans passer par les quotas habituels
L’initiative repose sur l’article 23 de la législation italienne sur l’immigration. Ce dispositif permet aux étrangers ayant suivi une formation professionnelle et linguistique agréée dans leur pays d’origine d’être recrutés en Italie en dehors des quotas annuels du décret Flussi.
L’employeur italien doit demander une autorisation de travail pour le candidat, qui doit ensuite obtenir son visa. Les 38 Marocains ont terminé leur formation, mais leur arrivée effective en Italie et la signature de leurs contrats n’ont pas encore été annoncées.
Pour l’ambassadeur Pasquale Salzano, cette préparation avant le départ répond à des besoins concrets des entreprises italiennes. Il rappelle aussi que le Maroc, avec sa croissance industrielle, a lui-même besoin de travailleurs qualifiés. L’objectif affiché est de développer des programmes de mobilité qui tiennent compte des besoins économiques des deux pays.