Karim El Baqqali : la pression de la mafia marocaine l’a-t-elle poussé à se rendre ?

- 10h00 - Espagne - Ecrit par : P. A

Alors qu’il s’était réfugié à Tanger au Maroc depuis sept mois, Karim El Baqqali, soupçonné de la mort de deux gardes civils dans le port de Barbate (Cadix) en février dernier, s’est livré la semaine dernière aux autorités espagnoles.

Karim El Baqqali, également connu sous le nom de Karim Gabarde ou El Enfacao, semble être celui qui était au gouvernail du narco-bateau qui avait percuté les gardes civils dans le port de Barbate. Le Marocain a traversé le détroit jeudi de la semaine dernière pour se rendre à la justice espagnole. Une décision « courageuse », estime son avocat. Le prévenu se serait livré de son propre gré. Mais des sources ont confié à Europa Sur que Karim a agi ainsi parce que des barons du haschich au Maroc auraient menacé de s’en prendre à sa famille.

Karim est le neveu d’Abdellah El Merabet, alias Pus Pus, considéré par les services sécuritaires espagnols comme l’un des plus importants trafiquants de drogue de la Costa del Sol. Ses activités criminelles ont pris un coup après la mort des deux gardes civils. Selon certains médias espagnols, Abdellah El Haj Sadek El Membri, alias « Messi du haschich », l’un des criminels les plus recherchés par Europol, réfugié au Maroc depuis 2019 où il a fui l’Espagne, ne voit pas d’un bon œil que Karim El Baqqali se cache à Dalia où il mène ses activités. Il aurait alors demandé à Pus Pus de convaincre Karim de se rendre.

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C’est « un non-sens », lâche son avocat. Des sources proches de l’enquête confirment pourtant cette hypothèse. « Il semble que ce soit son oncle qui insiste le plus sur le fait qu’ils vont s’occuper de sa famille, qu’ils ne manqueront de rien pendant sa peine en Espagne. Il est même prêt à prendre en charge l’importante compensation financière pour les familles des défunts que la justice imposera à Karim. Cela pourrait être un facteur atténuant pour sa condamnation, tout comme le fait qu’il ait décidé de se rendre, d’avouer et de collaborer avec la justice », commentent-ils.

El Baqqali aurait accepté le deal par peur d’être arrêté au Maroc et de devoir purger une peine dans une prison marocaine, faute d’accord d’extradition avec l’Espagne. « Le Maroc n’extrade ses ressortissants vers aucun pays », rappelle une source. Ses avocats ont signé un accord avec les agents de l’UCO à Madrid pour l’inculper pour homicide avec imprudence. Mais le parquet, qui n’est pas au courant de cet accord secret, accuse Karim de meurtres et tentative de meurtre. En détention depuis une semaine à Ingreso de Puerto, le Marocain sera probablement transféré la semaine prochaine dans une prison plus proche de la Costa del Sol.

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