5 000 kilomètres pour aller au Maroc : aux Pays-Bas, ce voyage des MRE est en train de disparaître
Pendant des décennies, prendre la voiture depuis les Pays-Bas pour rejoindre le Maroc a constitué un véritable rituel familial. Près de 5 000 kilomètres aller-retour, des voitures chargées, des cadeaux et plusieurs frontières à franchir : ce voyage change profondément avec les nouvelles générations.
L’écrivain Abdelkader Benali vient justement de refaire la route avec sa famille. Après environ 2 500 kilomètres depuis le Maroc, il est arrivé à Amsterdam au terme d’un voyage de près de 5 000 kilomètres aller-retour, raconte AT5.
Sa fille de dix ans a rapidement montré à quel point les habitudes ont changé. La famille n’avait même pas encore dépassé Breda à l’aller qu’elle se plaignait de nausées et réclamait déjà l’avion.
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Autrefois, explique Benali, le principe était simple : monter dans la voiture aux Pays-Bas et n’en sortir pratiquement qu’une fois arrivé au Maroc. Aujourd’hui, les familles font davantage d’étapes, dorment à l’hôtel, visitent des villes en chemin et transportent moins d’affaires.
Un rituel qui entre désormais au musée
Cette évolution est au cœur de l’exposition « Onderweg naar (t)huis », présentée au musée Van Eesteren d’Amsterdam jusqu’au 6 septembre. Elle raconte les préparatifs du départ, la route, les changements de paysages, les cadeaux transportés et les retrouvailles avec la famille au Maroc.
Parmi les objets exposés figure une veste à nombreuses poches que Benali trouvait autrefois embarrassante. Elle permettait de conserver les monnaies belge, luxembourgeoise, française, espagnole et marocaine, mais aussi les billets de ferry et les différents papiers nécessaires pendant le trajet.
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Ce besoin de transporter autant de choses s’est lui aussi réduit. Les familles peuvent désormais envoyer des affaires par autocar, tandis que l’avion occupe une place beaucoup plus importante qu’il y a quarante ans.
La route vers le Maroc existe toujours, mais elle n’est plus vécue de la même manière : davantage d’étapes, moins de bagages et des enfants pour qui plusieurs jours en voiture ne constituent plus forcément une évidence.