L’arnaque aux Pélerins...

- 22h52 - Maroc - Ecrit par :

Des candidats escroqués, des agences de voyages qui dépassent leur quota ou font payer des prestations imaginaires.

Le problème se pose avec chaque campagne de pèlerinage, même si pour cette année des mesures draconiennes et un cahier de charges qui comprend de nombreuses garanties financières imposées aux 164 agences devant se charger de 10.000 des 30.000 hajs marocains, étaient nombreuses.

Des candidats au pèlerinage en surboking, pris en charge par des agences qui ne font pas partie des tour-opérateurs autorisés, ou carrément arnaqués par des prétendues agences qui n’existent pas.

C’est le problème auquel sont confrontés actuellement des candidats au pèlerinage qui ont vu leur projet de voyage à la Mecque tomber à l’eau, avec en prime la perte de sommes importantes d’argent.

Exemple : une agence de Casablanca qui avait obtenu un quota de 50 pèlerins, mais qui en a inscrit 200, en se faisant payer 41.000 dh par personne, au-delà du maximum de 37.000 dh prévus par le cahier de charges, a engrangé une recette de quelque 8,2 millions de dh.

Pendant de longues semaines, elle a fait patienter ses futures victimes, en promettant les visas et un pèlerinage normal.

Résultat des courses, 50 personnes sont bien parties, les 150 autres se sont retrouvées à courir dans tous les sens pour trouver une solution, alors que l’agence mise en cause les a abandonnées à leur sort.

Jusqu’à hier en début d’après-midi, à près de 24 heures de la fermeture de l’accueil des pèlerins à la Mecque, prévue pour ce soir à 18h, aucune solution n’a encore été trouvée, malgré l’intervention des autorités de la wilaya.

Des histoires de ce type, il y en a eu toute une série avec des cas extrêmes tels que celui de ce pèlerin qui a payé près de 80.000 dh à une agence, qui se révélera une simple officine ouverte pour la circonstance par un escroc pour profiter de l’occasion du Haj.

Mais dans l’ensemble, il y a eu cette année, comme d’ailleurs les années précédentes, trois types de problèmes qui donnent lieu au même résultat, qui est l’arnaque de citoyens dans une affaire qui concerne leur piété et un rite qui a, pour eux, une grande importance.

Le premier des problèmes a trait aux pratiques de certaines agences dûment agrémentées par les autorités pour participer à cette manne financière importante.

Théoriquement, les dispositions annoncées et répétées par le ministre des Habous en janvier à la Chambre des représentants, devaient préserver les candidats au haj contre ces dépassements.

Ainsi, après la définition de la part des pèlerins qui seront encadrés par les agences, au total 10.000 personnes, les agences de voyages se sont portées candidates et ont été sélectionnées conformément aux dispositions du cahier de charges défini par les autorités.

Ce cahier de charges prévoit notamment, la mise à disposition par les agences d’un encadrement technique pour le tourisme, et religieux pour les rites, reconnu et contrôlé par les autorités compétentes.

Il prévoit aussi, la reconnaissance du statut professionnel des agences (Autorisation légale et des organismes professionnels) et la bonne qualité des services (conditions de résidence et de séjour aux Lieux Saints).

C’est sous ces conditions-là que les 164 agences ont été choisies. Cela n’a pas empêché certaines d’entre elles de dépasser les quotas qui leur ont été accordés (50, 75 pèlerins) et même le maximum de 100 qui a été accordé à la plus performante d’entre elles.

Et comme le nombre de candidats est fixé par des accords entre les autorités marocaine et saoudienne, 30.000 au total dont 10.000 pour les agences, il est clair que toutes les inscriptions qui dépassent ces quotas sont faites illégalement et en connaissance de cause.

Le second type de problème est celui qui concerne les services promis aux pèlerins et qui définissentle prix payé par ces derniers à l’agence.

Souvent, les promesses faites parfois avec de bonnes intentions par des agences marocaines sérieuses sont déçues par leurs partenaires saoudiens qui s’occupent du séjour effectif et des conditions de vie.

Ce problème est récurrent et même du côté des autorités saoudiennes, on le reconnaît.

D’ailleurs, les nouvelles dispositions mises en place par les autorités marocaines prévoient des recours pour les pèlerins qui ont souffert d’un déficit de service.

Le troisième type de problème est l’arnaque que certains escrocs organisent pendant la saison du Haj. Là, les victimes ne disposent généralement pas de véritables recours, à part entreprendre des poursuites contre les arnaqueurs s’ils parviennent à les localiser.

Le fait est que, malgré toutes les précautions prises, les problèmes ont été cette année aussi nombreux. Et pour le moment, les autorités tentent de régler le plus urgent, à savoir trouver dans les 24 heures des solutions. Certains pèlerins pourront éventuellement faire le voyage dans le lot des quelques rares places qui restent à la disposition des autorités de tutelle de ce secteur, le ministère des Habous. Cela ne réglera cependant pas le problème de fond.

Libération

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