Lamia El Aaraje, la Franco-Marocaine qui bouscule la mairie de Paris

- 14h00 - France - Ecrit par : Mohamed A.

Nouvelle numéro deux de la mairie de Paris, Lamia El Aaraje détonne. D’origine marocaine et issue d’un milieu populaire, cette docteure en pharmacie impose son style au sommet municipal grâce à une détermination et un travail acharnés.

Née au Maroc, Lamia El Aaraje a forgé son destin loin des cercles de pouvoir. Après des années au lycée français de Rabat, elle débarque à Limoges à l’âge de 17 ans pour ses études, attirée par le coût de la vie abordable et les grandes chances de réussite au concours médical. Issue d’une famille aux racines modestes et sans aucun bagage partisan, cette ancienne boursière décroche un doctorat en pharmacie couplé à un master en droit de la santé. « Tout ce que j’ai eu, je l’ai obtenu par la bataille », précise-t-elle pour résumer sa trajectoire méritocratique.

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Ses premiers pas militants la conduisent du syndicalisme étudiant vers le Parti socialiste, avant de s’implanter dans le 20e arrondissement de la capitale en 2010. Élue au Conseil de Paris dès 2014, elle gravit les échelons par la force des choses, remportant de haute lutte les élections législatives de 2021.

Souvent qualifiée de femme dure ou très ambitieuse, l’élue de 39 ans dénonce un traitement sexiste. Elle rappelle qu’un homme affichant une telle poigne serait simplement applaudi, assumant pleinement une réussite politique bâtie sur l’effort plutôt que sur un quelconque opportunisme.

Aujourd’hui propulsée première adjointe, elle gère un portefeuille colossal allant de la sécurité quotidienne aux vastes projets d’urbanisme du Grand Paris. Dans ses confidences recueillies par Paris Match, cette mère de deux jeunes enfants milite pour une action concrète visant à simplifier la vie des habitants. Loin des lourdeurs administratives, elle s’efforce d’imposer un rythme respectueux de la sphère privée au sein de ses équipes, convaincue que les responsabilités de haut vol restent parfaitement compatibles avec son quotidien de maman.

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Fidèle à une doctrine républicaine universaliste, cette cadre franco-marocaine défend ses convictions face à ses détracteurs. Elle fustige les discours de La France Insoumise qui tentent de l’enfermer dans une case communautaire, jugeant profondément raciste et néocolonialiste de s’entendre reprocher de ne pas être la « bonne arabe » ou la « bonne immigrée ». Fière de sa double nationalité qu’elle a tenu à transmettre à sa fille et son fils, elle prône un modèle de société où seuls le talent et la compétence définissent la place de chaque citoyen.