Beauvais : le calvaire d’une Marocaine seule dans un immeuble fantôme voué à la démolition

- 12h00 - France - Ecrit par : J.K

Dans le quartier de l’Argentine à Beauvais, une Marocaine et ses quatre enfants sont les derniers locataires d’un bâtiment voué à la démolition. Au milieu des dégradations, cette situation s’éternise suite à ses multiples refus de relogement.

Le quotidien de celle que l’on appellera Rachida ressemble à un véritable film d’horreur. Depuis près de dix mois, cette mère isolée survit au quatrième étage du 13 rue de Provence, une barre d’immeuble aux portes explosées et marquée par des départs de feu. Son palier est devenu le terrain de jeu des voleurs et des marginaux. « Allez-y, entrez, moi je n’y vais pas, j’ai peur », confie-t-elle. Les pillages réguliers entraînent des coupures de courant ou d’Internet en raison du vol de cuivre, tandis que les dégradations de l’entrée empêchent le facteur de distribuer le courrier. Outre l’insécurité, le plafond moisi de l’une des chambres aggrave même les problèmes respiratoires de sa fille.

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Si l’édifice doit être rasé en juin prochain dans le cadre d’un plan de rénovation urbaine, la locataire s’accroche à ses critères. Elle a déjà repoussé au moins quatre offres jugées « trop petites ». Occupant un grand espace de 100 mètres carrés depuis plus de quinze ans, elle exige une configuration similaire pour héberger ses enfants âgés de 19 à 26 ans. Fière de ses racines, elle évoque la force de la « tradition au Maroc » pour justifier son choix : il n’est « pas question que ma fille vive seule sans avoir été mariée ».

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De son côté, le bailleur social se retrouve dans une impasse juridique. Comme le rapporte Le Courrier Picard, la SA HLM de l’Oise est contrainte de multiplier les démarches jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé, retardant ainsi le chantier de démolition. L’organisme affirme lui avoir soumis cinq propositions adaptées depuis 2023, toutes rejetées. Cette crise du relogement n’est d’ailleurs pas isolée, le bailleur recensant trois autres familles bloquées dans des conditions similaires au sein de ce même quartier.